Tounian, l’explosif! - suite -
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A ce point, en tous cas, par effet en retour…
a) La question de l’obésité ne se posant pas pour les non-prédisposés, ils n’auraient pas d’intérêt aussi marqué à la “bonne” conduite, ni non plus de mérite pour leur résistance à l’épouvantail épidémique de l’obésité… puisqu’ils n’en sont pas menacés CQFD?
b) Ils n’ont pas plus de légitimité de jugement face à l’obésité. (En revanche, là où ils déjugent l’humanité d’autrui par la force de messages « serinés », comme autant de mauvais exemples personnifiés du « trop gras, trop sucré, trop salé », on devrait sans doute leur apprendre à ne pas juger en tout noir, ni tout blanc… mais peut-être un peu en… Tounian ?)
Tertio, la “mauvaise” approche du sujet renforce en cercle vicieux la stigmatisation, la culpabilisation, la discrimination, et surtout la souffrance et le désespoir… ceci alors que la prise en charge de la pathologie est complexe, qu’elle exige volonté, soutien, durée, multiples intervenants etc. Les préjugés démolissent l’estime de soi. Les grands messages embrouillent, déstabilisent et poussent à l’erreur des parents qui se sentent eux-mêmes déjugés, montrés du doigt, “mauvais parents“.
Et ce chrono de la satiété ?
Une fois le sujet replacé dans sa perspective, le professeur Tounian répond : « Hélàs, ça n’a pas d’intêrêt sinon à court terme. Pour des ados qui ont des pratiques alimentaires courantes et qui ne sont pas prédisposés génétiquement à l’obésité, l’éventuel contrôle ou la restriction sur un repas sera automatiquement compensée sur d’autres, sur plusieurs jours. Ce phénomène de lissage, d’égalisation à long terme, s’illustre aussi dans l’autre sens. Si l’on force sur son appétit, on aura momentanément une prise de poids mais elle disparaîtra dans les semaines suivantes. Les 13 kilos pris en six semaines à force de hamburgers dans « Supersize me » ont fondu après l’expérience. On avait vu le même retour au poids naturel après une étude sur mille cas, il y a 20 ans. On peut rajouter que chez les ados en particulier, l’addition de courts termes ne fait pas un long terme. Mais avec des ados prédisposés génétiquement à l’obésité, le phénomène est inverse : il n’y a pas de retour à l’équilibre, mais accumulation, et programmation pour cela ; ce facteur de la génétique est encore souligné par l’étude récente qui a identifié de nouveaux gènes, en soulignant que le poids est bien régulé au niveau du cerveau. Dans ce cas, si l’on est prédisposé, on peut prendre en compte ce délai, manger lentement pour attendre le début de cette sensation de satiété et donc se restreindre plus facilement. »
Aux obèses de s’adapter
(… texte suite …) Les « propositions autoritaires » et les grands débats-déballage (malbouffe, grande distribution, publicité etc) qui se multiplient, finissent par inverser les questions jusqu’au leurre, alors que c’est aux obèses, selon Patrick Tounian, « de s’adapter à leur environnement plutôt que d’imaginer que l’inverse soit possible ».
Pour maigrir, pas de miracle, d’une manière ou d’une autre, il faut « se restreindre ». « Et lorsqu’on se restreint, il est normal qu’on ait faim. »
Y a-t-il cercle vicieux : souffrance individuelle, souffrance par la pression de la société, souffrance encore du combat contre l’obésité ? Trop de questions, de sujets, d’incidences sur divers thèmes (par exemple « éducation » et « nutrition », risques de carences etc… voir vidéo).
En tous cas, le professeur Tounian se bat pour faire reconnaître cette « souffrance des enfants obèses et de leur famille ». Et c’est important car elle est essentiellement tûe. On aimerait le voir plus souvent dans les grands médias et les débats, défendre sa position à la fois singulière et incisive…
Tout en demandant un « moratoire sur la prévention collective », il en appelle à la prévention précoce et ciblée ainsi qu’au développement et à la réorientation de la recherche.
D.B.
Pour aller plus loin, quelques débats : ici à l’Association des journalistes médicaux, ici sur le site Cuisine collective, et quelques articles récents dont celui du Télégramme de Brest et particulièrement celui de La Croix
Pour une égalité avec la lutte contre le cancer ou Alzheimer
Pour finir, un extrait du livre « Obésité infantile - on fait fausse route ! ». Précisément, les dernières lignes avant la conclusion… Tout n’y est pas de la même tonalité. Mais en y lisant une expression comme « génération sacrifiée », p.128, prêtée à des autorités ou sommités non identifiées, on se demande tout de même s’il ne vaudrait pas mieux laisser l’artificier “manier sa propre poudre“… pour en savoir le fin mot.
« Avez-vous remarqué que les nombreuses commissions créées pour lutter contre l’obésité travaillent beaucoup sur la prévention mais consacrent bien moins de temps à réduire la souffrance des obèses d’aujourd’hui ? Lorsqu’on les interroge, ils se défendent parfois d’un air embarassé en affirmant que les obèses actuels sont une génération sacrifiée pour laquelle on ne peut plus faire grand-chose. Les plans consacrés au cancer ou à la maladie d’Alzheimer ont avant tout visé à promouvoir la recherche et rendre moins pénible le quotidien des patients. C’est un excellent exemple à suivre. »
Hum… professeur TNT ?







