Le sel va nous tuer - suite
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*/ Des rivières de centimes par ici : le sel, non seulement moins coûteux que diverses matières premières, retient aussi l’eau dans des préparations carnées… vendues au poids (viande cuisinée, charcuterie, fromage, saurisserie etc). Ce n’est pas très joli.
*/ Des marchés directs par là : en réhaussant le goût (renforcement du sucré et inhibition de l’amertume), le sel contribue avec d’autres manipulations additives à rendre acceptables des produits bas de gamme… Ou encore, il permet de tirer les produits vers le bas, répondant ainsi à la pression sur les prix des grands distributeurs (qu’ils la répercutent ou non). Ce n’est pas très beau non plus.
*/ Des marchés indirects encore… Le sel stimule la soif. Et celle-ci, marché conjoint de l’alimentation, pèse à son tour ses milliards. On pourrait peut-être saler plus alors… et même les boissons?
Et pourtant… l’affaire de deux mois!
Le point stupéfiant est le suivant, que rappelle Pierre Meneton : « l’excès de sel n’est ni une addiction, ni une nécessité, mais simplement une habitude réversible. » En clair, la marche arrière est toujours possible. « Il faut quatre à huit semaines pour se déshabituer, passer d’une teneur en sel à moitié moins, en retrouvant les mêmes sensations. »
Il suffirait donc d’une période de désintoxication… Une décision d’ensemble, réduire les doses par deux… et après deux mois au régime demi-sel, rien n’y paraîtrait plus. Dans un univers concurrentiel, désespérant de sa croissance, il n’y a aucune chance pour que le « il faut qu’on » d’une réduction générale de l’abus de sel se produise. Encore moins le « yaka » de réductions unilatérales.
Les raisons sont simples : les gens étant habitués à leur dose, des clients se perdraient… Seule issue raisonnable : l’apparition des micro-gammes moins salées… et plus chères, des « niches » économiques pour consommateurs à la fois aisés et informés. Rien de plus. Et croiser les doigts pour que les doses de sel ne se remettent pas à augmenter. Rien à ce jour ne l’interdit.
Rien de rien tout simplement !
D.B.
Pour aller plus loin, lire l’enquête “Sel l’overdose” sur le site du Nouvel Obs et visiter ce site ressource, en anglais






