Trop boire : le cauchemar
La mairie de Paris a lancé le 10 novembre un concours de mini films d’horreur dans le cadre d’une campagne sur les dangers du « binge drinking », cette pratique en vogue chez les jeunes qui consiste à boire un maximum d’alcool en un minimum de temps.
En hausse de 10%
Un parc parisien la nuit, et une musique angoissante en fond sonore. Des jeunes font tourner les bouteilles d’alcool. Très vite, la soirée dégénère. Parce qu’ils ont trop bu, certains s’écroulent, vomissent, et les victimes du « binge drinking » se transforment en zombies effrayants.
Ce court film aux allures de thriller est celui que l’on peut visionner sur http://www.thebinge-lefilm.com , le site de la campagne initiée par la mairie de Paris pour sensibiliser les jeunes aux dangers du « binge drinking ». Apparue il y a quelques années, et pratiquée surtout en fin de semaine, cette tendance a progressé de plus de 10% en France entre 2005 et 2008, selon des chiffres de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies cités par la mairie.
De plus en plus jeunes
Le phénomène connaît une hausse de 14 % chez les filles et de 8 % chez les garçons. En 2008, près de 20 % des jeunes de 17 ans interrogés s’y seraient livrés. Selon une enquête Escapad (« Enquête sur la santé et les comportements lors de l’appel à la préparation défense ») publiée en juin dernier, menée auprès de 39.542 jeunes âgés de 17 ans, 59,8 % d’entre eux ont déjà été ivres.
Autre donnée inquiétante : les ados s’adonnant à cette pratique sont de plus en plus jeunes. Le Dr François Lecomte, médecin urgentiste à l’hôpital parisien Cochin témoigne : “Plus ça va, plus le nombre de passages aux urgences augmente et plus l’âge baisse”. De 2008 à 2009, le nombre des moins de 18 ans admis pour ce motif aux urgences de cet hôpital aurait doublé.
Coma éthylique, violences
Pour la mairie de Paris, le « binge drinking » est l’ennemi des jeunes. L’arme proposée pour le combattre ? Une caméra ou un téléphone portable grâce auxquels les jeunes pourront filmer « l’enfer du binge drinking », qui peut transformer une soirée en une nuit de cauchemar : perte de contrôle, coma éthylique, violences verbales ou physiques, viol… Les vidéastes amateurs ont jusqu’au 8 mars 2010 pour faire parvenir leur film. Six d’entre eux seront primés à la fois par un jury de professionnels et par les internautes. Ils recevront une dotation allant de 250 à 1.500 euros et leur vidéo sera visible sur la page d’accueil du site communautaire MSN France. Les films gagnants seront par la suite diffusés dans les antennes jeunesse de la capitale, les foyers de jeunes travailleurs ou sur les sites partenaires de cette campagne, Dailymotion par exemple.
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