OGM, cohabitation difficile

citron cutLa coexistence de cultures OGM et non OGM n’est possible que si de grandes distances d’isolement entre les champs sont établies. C’est l’un des enseignements du programme de recherche européen CoExtra dont les conclusions ont été rendues publiques après 4 années de travail.

4 ans de réflexion

Les scientifiques s’interrogent sur les Organismes génétiquement modifiés (OGM) et leur coexistence possible avec l’agriculture traditionnelle. Lancé le 6 juin 2005, le programme de recherche européen Co-extra, d’un budget de 22 millions d’euros, a mobilisé plus de 200 chercheurs de dix-huit pays pendant quatre ans.

Du 3 au 5 juin, l’Inra, l’Institut national de la recherche agronomique, coordonnateur du projet, organisait la Conférence internationale Co-extra à Paris où les résultats de ces réflexions étaient présentés. Les cultures OGM et non OGm peuvent-elles cohabiter ? Quelle est la traçabilité des OGM dans l’alimentation animale et humaine ? L’objectif de Co-extra était de “fournir aux consommateurs, industriels et agriculteurs des méthodes de gestion et d’information fiables leur permettant le libre-choix face à l’utilisation ou non d’OGM” précise l’Inra.

Coexistence impossible

Une production agricole est réglementairement sans OGM si l’on ne peut y déceler de traces d’OGM au delà de 0,9 %, les acteurs de la filière agroalimentaire exigeant même que la teneur en OGM soit inférieure, en général de 0,1%. “La coexistence à l’échelle de l’exploitation agricole est impossible”, affirme Yves Bertheau, coordinateur de Co-Extra. Entre plusieurs exploitations de “grandes distances d’isolement” entre les champs seraient nécessaires.

En effet, selon les espèces, la taille des champs, les vents, les chercheurs ont modélisé la dispersion des pollens. Problème, certains peuvent voyager “jusqu’à 30 kilomètres”, précise Yves Bertheau. Interrogé par Le Monde, le chercheur explique que l’on “peut imaginer que tout le monde s’entende sur un territoire, et qu’un bassin de production soit OGM ou sans OGM” mais s’interroge alors sur qui prend cette décision pas forcément consensuelle ? Par ailleurs, d’autres facteurs  peuvent générer des traces d’OGM dans l’alimentation comme la qualité des semences utilisées et la transformation des produits, les animaux nourris avec des plantes OGM n’étant pas étiquetés comme tels…

La mise en place d’un étiquetage “sans OGM”  fiable est nécessaire pour permettre aux consommateurs de choisir. Le Conseil national de la consommation (CNC) a d’ailleurs demandé en avril qu’un étiquetage “nourri sans OGM soit créé pour les viandes et produits laitiers.

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