Obésité, la télé s’engage?
Publicitaires et professionnels de l’audiovisuel s’engagent à « promouvoir » de bons comportements nutritionnels. L’interdiction de la pub pour “la malbouffe” dans les programmes jeunesse est-elle toujours d’actualité ?
La concertation engagée en avril 2008 avec les professionnels de l’audiovisuel -chaînes de télévision, producteurs de programmes, publicitaires- et les représentants de l’industrie agroalimentaire pour prévenir l’obésité infantile a aboutit à la signature mercredi 18 février de la charte “Promouvoir une alimentation et une activité physique favorable à la santé dans les programmes et les publicités diffusés à la télé”.
Les professionnels s’engagent à respecter dans les publicités des principes de “transparence de l’information” et à valoriser dans “la mise en scène des messages notamment” de “bons comportements alimentaires” a expliqué la Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Deuxième volet de cette stratégie de prévention de l’obésité infantile, les professionnels s’engagent à “financer, produire et diffuser des programmes valorisant les bons comportements en matière de nutrition et d’activité physique”. Entre “340 et 470 heures” de programmes devraient être ainsi produits a précisé Christine Albanel, la ministre de la Culture et de la communication. Celle-ci se félicite de ce choix de la “pédagogie”.
La Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, envisageait d’interdire les publicités pour les aliments trop gras et trop sucrés lors des diffusions des programmes pour la jeunesse. Olivier Andrault de l’UFC-Que Choisir, estime que la charte sert de “contre-feu pour éviter une réglementation” plus contraignante qui doit être débattue à l’Assemblée nationale à l’occasion de l’examen du projet de loi sur l’hôpital. L’amendement 552 propose en effet l’interdiction pendant les programmes jeunesse des publicités “sur des boissons et des produits alimentaires manufacturés avec ajout de sucres, matières grasses, ou édulcorants de synthèse”. Ses auteurs précisent dans les motifs de l’amendement que la publicité est déterminante : “60 % des enfants regardent le petit écran tous les jours en rentrant de l’école, les ¾ d’entre eux avouent préférer les produits promus à la télévision plutôt que ceux ne bénéficiant d’aucune pub”. Ils ajoutent que “les parents sont plus de 80 % à acheter les produits vus à la télévision et réclamés par les enfants”.
Cette charte est un “leurre pour les gogos” affirme le député UMP Yves Bur, co-auteur de l’amendement avec Pierre Méhaignerie et Valérie Boyer. “Mme Bachelot est tenue par la solidarité gouvernementale, moi je ne me sens pas lié” a déclaré le député, ajoutant qu’il se refuse “une fois de plus à céder aux lobbies”. Valérie Boyer, auteur du rapport sur la prévention de l’obésité infantile, estime que “cette charte est une avancée importante” mais qu’elle ne résout pas la question de la publicité. “Pourquoi trois gros industriels comme Kellogg’s, Danone et Nestlé ne se sont pas retirés des écrans jeunesse, alors que d’autres comme McDonald’s, Mars ou Coca-Cola l’ont fait ?”, s’est-elle interrogée. Pierre Méhaignerie, a jugé que la signature de cette charte n’interdisait pas aux parlementaires de défendre des amendements pour interdire la publicité sur les produits sucrés.
Affaire à suivre…
A lire, 83 idées pour lutter contre l’obésité, le rapport de Valérie Boyer







21 février, 2009 à 23 h 41 min
Il parait raisonnable de renoncer, d’une manière ou d’une autre, à exposer les enfants à la publicité, ceux-ci n’ayant pas la maturité intellectuelle et affective pour résister au “chant des sirènes” de l’industrie agro-alimentaire (entre autres)… A moins que l’intérêt commercial soit désormais prioritaire et que la santé de notre jeunesse ne soit devenu accessoire?