Notre cerveau a le coup d’oeil
Des neuroscientifiques suisses montrent que le cerveau humain peut évaluer le contenu énergétique des aliments et sa teneur en matière grasse en moins de 200 millisecondes sur simple photographie.
Les neuroscientifiques du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) de l’université de Lausanne (Suisse), associés au Centre d’Imagerie Biomédicale (CIBM) et au Centre de Recherche Nestlé publient les résultats de leurs travaux dans la revue Neuroimages du 1er février 2009.
Pour cette étude, l’activité cérébrale de 22 adultes en bonne santé a été mesurée pendant qu’ils regardaient des photographies d’aliments ou d’ustensiles de cuisine. Les photographies d’aliments représentaient des aliments à faible ou haute teneur en matière grasse. Les chercheurs ont constaté que l’activité cérébrale variait selon que les aliments étaient à haute ou faible teneur en matière grasse et ce en moins de 200 millisecondes (ms).
“L’expertise combinée des institutions de recherche partenaires offre une opportunité remarquable d’étudier les mécanismes cérébraux impliqués dans la perception de la nourriture et le choix alimentaire” explique dans le communiqué de presse le Dr. Micah M. Murray, neuroscientifique du CHUV, directeur adjoint du EEG Brain Mapping Core du CIBM et auteur de l’étude. “Le cerveau distingue automatiquement les catégories d’aliments. De plus, il le fait très précocement, utilisant un réseau distribué entre les aires qui traitent les aspects visuels et celles qui traitent leur valeur et prennent les décisions. Et tout cela se passe même si la personne n’a pas faim“, a expliqué le Dr Micah Murray, dont les propos ont été rapportés par la télévision suisse. Les participants avaient en effet mangés avant le test.
Les images d’aliments riches en graisses provoquent des réactions de plus forte amplitude dans le cerveau et stimulent différemment les zones du cerveau impliquées notamment dans la reconnaissance des objets (cortex visuel) et la prise de décision (cortex préfrontal). Pour les scientifiques, l’objectif est de mieux comprendre les processus de décision lors de l’évaluation et du choix des aliments.






