Médicament miracle ?
Un médicament qui lutte contre l’obésité en absorbant un quart des graisses du repas ingéré sera bientôt disponible en pharmacie sans ordonnance. Les médecins ne sont pas convaincus.
La Commission européenne a accordé mercredi une autorisation de mise sur le marché pour le médicament Alli, le premier traitement anti-obésité vendu sans ordonnance dans les 27 pays de l’Union Européenne. Le groupe pharmaceutique britanique GlaxoSmithKline (GSK) a annoncé la nouvelle mercredi dans un communiqué de presse. Vendu sur ordonnance depuis 10 ans en 120 mg sous le nom de Xenical, ce traitement sera disponible en pharmacie avec un dosage à 60 mg sous l’appellation Alli.
Le principe actif est le même, l’Orlistat. Le groupe pharmaceutique GSK estime avoir le recul suffisant sur ce médicament qui n’agit que localement sur l’intestin en absorbant les graisses. On se souvient que l‘Acomplia de Sanofi-Aventis avait dû être retiré à la vente suite à des effets secondaires notamment psychologiques très préoccupants.
Pour les médecins, le risque est qu’à partir de la commercialisation de l’Alli en avril, des personnes ne souffrant pas d’obésité se le procurent. Les pharmaciens auront un rôle important à jouer. Interrogé par Jean-Michel Dhuez sur Europe 1, Arnaud Cocaul, nutritionniste à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), est “très dubitatif” par rapport à cette commercialisation. Il précise que ce médicament, dans sa forme 120 mg, est prescrit accompagné de “règles hygieno-diététiques“, c’est-à-dire d’un régime alimentaire et d’une activité physique complémentaire. Par ailleurs, si certains patients répondent bien au traitement, d’autres y répondront moins bien.
Arnaud Cocaul craint que le public, qui croule déjà sous une multitude de “régimes bidons qui fleurissent” un peu partout, ne s’imagine qu’avec ce médicament ils peuvent “prendre de la galette des rois” à l’envie. Il précise d’ailleurs que si on ne prend ce médicament qu’en prévision d’un festin à venir, il ne faut pas oublier son “effet secondaire quasi immédiat” , la diarrhée, qui n’est pas forcément agréable lorsque l’on est invité chez des gens…
Conclusion : ce médicament peut être intéressant “dans le cadre d’une démarche logique” et quand on a pris conseil auprès d’un spécialiste. L’avantage du “sans ordonnance” est surtout que vous n’aurez plus à retourner chez le médecin uniquement pour renouveler le traitement qui coûtera tout de même 50 euros par mois.
A écouter : les reportages et interview réalisées par Europe 1








23 janvier, 2009 à 18 h 33 min
En résumé un médoc qui existe depuis 10 ans, que Glaxo relance sur le marché à mi-dose en nous faisant croire que c’est le produit miracle grâce à tes tonnes de fric en publicité… On rêve devant autant de mépris pour le bon sens et pour l’intelligence des gens.
25 janvier, 2009 à 11 h 42 min
quand on ne maîtrise pas un sujet, on s’abstient d’en parler. Un médecin
26 janvier, 2009 à 15 h 44 min
Pouvez-vous expliciter votre point de vue ? Merci.
L’équipe du Bloob