Marketing nutrition santé
Les associations de consommateurs et notamment la CLCV, protestent contre le lobbying qui conduit à l’assouplissement des critères européens qui permettent aux industriels de revendiquer des effets “santé” discutables vantés sur les emballages de leurs produits.
Profils nutritionnels
Le 16 juillet dans un communiqué, l’association nationale de consommateurs CLCV a demandé que la définition des profils nutritionnels, deuxième pilier du règlement européen sur les « allégations nutritionnelles et de santé », “aujourd’hui menacé”, soit revue.
En 2006, à l’initiative des associations européennes de consommateurs et du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), un règlement européen sur ces allégations santé a été adopté pour encadrer ces arguments de marketing “toujours prometteurs mais bien souvent discutables sur le plan scientifique” souligne la CLCV.
Deux principes ont été posés en 2006 : pas d’allégation d’effet bénéfique sur la santé du consommateur sans fondement scientifique avéré et des sloggans “nutrition santé” limités aux produits dont les profils nutritionnels sont “globalement favorables”.
Contrôle et lobbying
La traduction de cette réglementation européenne jusque dans nos supermarchés se heurte a deux problèmes. D’abord, le travail de tri à effectuer par l’Agence européenne de sécurité sanitaire des aliments “entre ce qui relève de la science” et ce qui au contraire relève de “l’affabulation” est “titanesque”, 4 200 allégations « santé » ayant été répertoriées en Europe et soumises aux comités d’experts note la CLVC.
Deuxième problème, dénoncé par la CLCV, “la définition des critères qui permettront d’accéder aux allégations est aujourd’hui moins un débat entre experts de la nutrition qu’une affaire de lobby auprès de la commission européenne”. Exemples à l’appui, l’association dénonce ainsi les profils nutritionnels “globalement favorables” auquel on arrive, sous la pression de l’industrie agroalimentaire et s’étonne “que des cordons bleus, des nuggets de poulet, des brioches fourrées au chocolat ou du tarama pourraient faire état de leurs bienfaits”…
Pertinence des critères
Ainsi, les nuggets de poulets et cordon bleus, “environ 4 à 5 fois plus gras qu’une simple escalope sautée” et “beaucoup plus caloriques que la viande de volaille” pourraient afficher sur leurs emballages un macaron “nutrition santé” vantant leur profil nutritionnel favorable. Il en va de même pour certains poissons panés pourtant parfois 10 fois plus gras et beaucoup plus riches en graisses saturées que le poisson “brut” ou du tarama qui, très gras, ne contient que 20% de poisson et peut difficilement être considéré comme une bonne manière d’avoir sa ration de poisson recommandée…
Pour la CLCV, l’exemple des soupes est révélateur. L’association nationale de consommateurs s’appuie sur l’avis de Nicole Darmon, nutritionniste à l’INSERM, qui juge que « le système de la commission n’est pas suffisamment discriminant. Le critère fixé par le sel est déjà respecté par la grande majorité des soupes sur le marché. De même, les seuils pour le sucre et les matières grasses saturées sont très généreux : avec l’équivalent de 10 grammes de beurre et de 5 morceaux de sucre par assiette de soupe, le produit pourrait encore alléguer ». En étant si peu exigeante sur les critères nutritionnels, la Commission européenne “ouvre grand la porte à une généralisation des allégations” souligne la CLCV.
La CLCV demande que “seule une fraction limitée des produits alimentaires puisse revendiquer des effets « santé »”. Pour l’association les allégations de profils nutritionnels favorables devraient être restreint “aux produits se démarquant significativement de leurs concurrents sur le plan nutritionnel”.
Plus d’infos sur le site de la CLCV
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