Le sport ne fait pas maigrir?
C’est une bombe lâchée en première page du plus grand hebdo US, Time, “pourquoi l’exercice ne vous rendra pas mince“! Le buzz est énorme Outre-Atlantique… mais, tiens tiens, pas une vague en France! Pour le moment?
“Pourquoi l’exercice ne vous rendra pas mince“! La question semble paradoxale… et elle fait sensation aux Etats-Unis. La preuve: tapez le titre de l’article entre guillemets “Why Exercise Won’t Make You Thin” sur Google et ce sont désormais plus de deux millions de références qui apparaissent. L’article paru le 14 en kiosque (et daté du 9 sur Internet) a été le plus consulté de la semaine sur time.com.
Time (qui est avec Newsweek, le plus important et vénérable hebdo américain) n’y est pas allé avec le dos de la cuillère et en a fait sa Une sous le titre: “Le mythe de l’exercice” (physique - voir ci-contre).
Le texte (en anglais) démarre à l’Américaine. Le journaliste John Cloud part de son expérience d’activité physique: un rythme hebdomadaire très soutenu depuis des années avec cardio-training, step, coach personnel, course… Puis survient cette question lancinante “pourquoi?”… puisque que l’auteur n’a jamais été gros (mais conserve toujours, malgré ses quatre heures d’exercice, un surplus au niveau de la ceinture).
Appétit accru et
réduction des autres activités
De là, enquête sur le “mantra” de l’exercice physique… car plus de 45 millions d’Américains font désormais partie de clubs de sport (contre 23 millions il y a 15 ans) et ce business pèse 19 milliards de dollars. Le tout dans un contexte où l’obésité frappe un tiers des Américains, et le surpoids un autre tiers. Bref… et si le sport ne marchait tout simplement pas malgré les efforts “herculéens” engagés par les USA depuis trente ans?
La thèse tient en un mot : “com-pen-sa-tion“, étude comparative de l’Université de Louisiane à la clé (ici, en anglais). En clair, l’activité physique brûle des calories (et il faut en brûler pour maigrir)… MAIS elle stimule l’appétit, fait manger plus, dilue ou annule le bénéfice… jusqu’à rendre éventuellement “plus difficile” la perte de poids. Ce processus peut également faire intervenir des gratifications (sur le principe “après l’effort, le réconfort”…) ou bien une réduction des autres dépenses physiques (après la salle de gym… plus question, par exemple, de se déplacer à pied).
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Montrés du doigt : le cookie de Starbuck pris comme récompense après la salle de gym (une moitié seulement annulerait le bénéfice des 200 à 300 calories brûlées) ou encore les “boissons de l’effort” comme le Gatorade (dont les 130 calories réduisent à néant 20 minutes de course à pied), voire pour l’auteur la barre Blueberry dont il se gratifie après sa gym.
Eviter l’exercice intense,
maintenir l’activité naturelle
“Si vous êtes plus actif physiquement, vous aurez plus faim et vous mangerez plus“, résume Steven Gortmaker spécialiste de l’obésité des enfants qui dirige le Harvard’s Prevention Research Center on Nutrition and Physical Activity. Co-auteur d’une étude sur 538 enfants pendant 18 mois (International Journal of Obesity), il a calculé que le démarrage d’une activité physique les amenait en moyenne à une sur-consommation de 100 calories supplémentaires au-delà de ce qu’ils brûlent. Il adresse d’ailleurs l’une des piques les plus inattendues et cinglantes à McDonald’s… pour ses terrains de jeux: “pensez qu’un enfant qui y joue 5 minutes brûle 50 calories, et qu’il peut alors retourner à l’intérieur et en ingérer 500 ou 1.000.“
“Est-ce que pousser les gens à plus d’exercice peut contribuer au problème de l’obésité?” demande John Cloud. Réponse finale: “à certains égards, oui.” Non que l’activité soit mauvaise… au contraire, elle apporte toutes sortes de bienfaits de santé, mais en matière de poids précisément, la compensation guette: sur-alimentation induite ou réduction des autres dépenses physiques. L’issue serait d’éviter les activités intenses et de répartir celles à moindre effort dans la journée: marcher et prendre les escaliers, à l’image de Hans-Rudolf Berthoud chercheur en neurologie et nutrition qui prône une activité modérée, normale, régulière: “pour brûler des calories, les mouvements n’ont pas à être extrêmes.“
Une idéologie
issue des 90ies
John Cloud date aux débuts des années 90, la mise en avant de l’exercice physique contre le surpoids et l’obésité, et la met en relation avec Bill Clinton adepte à la fois du jogging et du McDo. Le journaliste cite, à rebours, un article de 1992 de the American Journal of Clinical Nutrition notant des “résultats inconsistants” pour l’impact de l’exercice physique et expliquant justement que la dépense d’énergie supplémentaire “peut être compensée” par une diminution dans les autres activités physiques (il mentionne également un taux de succès stabilisé de 5% seulement… pour une formule de diète avec accent sur le sport, testée sur des patients obèses à Yale).
Le paroxysme de ce “mantra” est atteint, selon lui, en 2007 quand the American College of Sports Medicine et the American Heart Association préconisent “60 à 90 minutes d’activités physiques” pour perdre du poids. Tout en préconisant de faire de l’exercice pour améliorer sa santé générale, il conclut : “c’est ce que vous mangez, et pas les efforts que vous faîtes à l’éliminer, qui compte le plus en matière de perte de poids.“
D.B.
L’article “Why Exercise Won’t Make You Thin” de John Cloud, avec une foule de liens, sur Time.com (ou en un seul bloc (en anglais) sur news.yahoo)
- John Cloud avait déjà publié le 13 mai (en anglais) “pourquoi l’exercice chez les enfants importe moins que nous le croyons“
- A lire sur la presse canadienne francophone, un résumé de l’article sur le Blog de Pierre Cayouette, l’Actualité ou l’édito de cyberpresse








2 septembre, 2009 à 17 h 03 min
L’exercice seul ne fera pas maigrir. Un régime efficace est un ensemble de règles à respecter!
Mais je trouve dangereux de dire que l’exercice n’aide pas à une perte de poids!
1 mai, 2010 à 17 h 11 min
il faut manger de tout en petite quantité.