Grenelle des antennes
Une table ronde sur les possibles dangers pour la santé liés à la téléphonie mobile sera organisé le 26 mars suite aux inquiétudes et polémiques après deux jugements qui ont contraint à démonter des antennes relais.
Organisée à la demande du Premier ministre François Fillon, la réunion “radiofréquence, santé, environnement” se tiendra le 26 mars. Autour de la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, de Chantal Jouanno et Nathalie Kosciusko-Morizet, respectivement secrétaires d’Etat à l’Ecologie et au Développement de l’économie numérique, seront réunis des scientifiques, des associations, des représentants des usagers.
Polémique justice - médecine
La polémique enfle depuis les condamnations récentes des opérateurs SFR et Bouygues Télécom, obligés par décision de justice à démonter certaines antennes relais de téléphonie mobile suite aux plaintes déposées par les riverains. Si la Justice s’est prononcée par deux fois en faveur des plaignants, ces décisions sont ouvertement critiquées par l’Académie nationale de Médecine qui “s’étonne qu’une décision de justice ait pu ne retenir, parmi l’ensemble des études disponibles sur le sujet, que celles allant dans le sens du plaignant”.
L’Académie nationale de Médecine rappelle que “les antennes de téléphonie mobile entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100.000 fois plus faible que les téléphones portables : être exposé pendant 24 heures à une antenne à 1 volt par mètre donne la même exposition de la tête que de téléphoner avec un portable pendant 30 secondes”.
En débat, le principe de précaution
L’Académie s’inquiète de la “prééminence du « ressenti » du plaignant” qui, si elle fait jurisprudence, “remet en cause les fondements mêmes de l’expertise scientifique et médicale” et met en garde contre “une interprétation subjective du principe de précaution”, dont l’utilisation dans ces affaires est “dévoyée”. La “quête illusoire du risque zéro” est une “source d’erreurs, de retards et de dysfonctionnements du système de santé” ajoute l’institution dans son communiqué.
Du côté du gouvernement, la lettre de mission rédigée par le Premier ministre demande que ce “débat-citoyen” distingue utilisation des téléphones portables et effets des antennes relais. Pour François Fillon, en l’état actuel des connaissances, l’hypothèse d’un risque pour la santé lié au antennes-relais “ne peut être retenue” alors qu’une “approche de précaution paraît justifiée” en ce qui concerne l’impact sur la santé des téléphones mobiles même si “les expertises disponibles ne permettent pas de conclure sur le lien éventuel entre utilisation de téléphone mobile et un risque de cancer”.
Si les téléphones sont vraisemblablement plus dangereux que les antennes relais, le débat de fond sur la téléphonie mobile n’est pas clos. L’application du principe de précaution quelque soit le sujet pose toujours la même épineuse question : un risque est-il avéré à partir du moment où le danger ne peut être prouvé ou n’est-il écarté qu’à partir du moment où l’inocuité peut être démontrée ? A partir de quand un risque est-il accceptable “en l’état actuel des connaissances” ?
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