Françaises poids plume!
23,2… c’est l’IMC moyen des Françaises, contre 26,2 pour les Britanniques et 24,5 pour l’ensemble des Européennes. Premières de la classe, les Françaises se jugent cependant plus grosses qu’elles ne le sont, martèle la presse. Et l’IMC des garçons… On n’en parle pas?
Avec un IMC moyen de 23,2, les Françaises sont les femmes les plus minces d’Europe, devant les Italiennes et les Autrichiennes. Le poids moyen féminin en France correspond donc à une corpulence normale (IMC compris entre 18,5 et 25)… alors qu’en Grande-Bretagne, il traduit un surpoids féminin général (tout comme, dans une moindre mesure, aux Pays-Bas ou au Portugal). Mais encore faut-il passer derrière le miroir… En l’occurrence, traduire les sentiments devant celui-ci. Le sociologue Thibault de Saint Pol, du Laboratoire de sociologie quantitative de l’Insee, s’est également attaché à cet aspect : le “poids idéal” selon les pays…
De ce côté, en poursuivant sur le versant féminin (car l’étude concerne les deux sexes), on découvre plusieurs indices inquiétant d’un culte de la maigreur plus affirmé en France. Tout d’abord, le poids idéal, selon les Françaises, correspond à un IMC de 19,5 (contre 19,8 chez les Européennes en moyenne - 20,4 en Grande-Bretagne ou 20,5 au Danemark). Ensuite, la moitié des femmes qui sont effectivement maigres (se situant dans la zone établissant le sous-poids - IMC inférieur à 18,5) jugent ne pas l’être. “Les femmes françaises jugeant leur poids trop faible sont deux fois moins nombreuses que celles effectivement en sous-poids“.
Culte de la maigreur
Enfin, et c’est un point peu relevé par les commentateurs, l’insatisfaction de son poids est plus vivement ressentie par les Françaises ayant un IMC de corpulence normale : “les pentes des courbes” de satisfaction (”trop” ou “pas assez“) autour de la valeur de l’IMC idéalisé sont “plus fortes chez les femmes“. Signification, écrite noir sur blanc dans l’article : “leur insatisfaction augmente plus vite autour du poids idéal.” Au final, l’étude souligne encore la valorisation française du sous-poids féminin par contraste avec des pays comme le Portugal, l’Espagne ou le Royaume-Uni où de nombreuses femmes se jugent en sous-poids… alors qu’elles n’y sont pas.
Et côté garçons? La corpulence moyenne des hommes en France correspond à un IMC de 24,6. Mais l‘idéal masculin selon ces mêmes Français serait de 22 (moins que chez divers voisins: 22,5 pour les Britanniques - qui ont un IMC moyen de 26 ; 22,8 pour les Danois - IMC réel 25,5 - ; 23,4 pour les Grecs - IMC réel un peu supérieur à 26). “Il semble donc que les Français aient un idéal de corpulence plus faible que leurs voisins, signe peut-être d’une pression plus forte exercée sur le corps dans leur pays,” lit-on encore dans l’étude qui reconnaît par ailleurs que “les hommes (…/…) considèrent plus souvent le sous-poids comme un problème, une corpulence importante étant valorisée chez eux en tant que signe de force.”
Etonnante discrétion
… sur l’obésité
D’une manière générale, 45 % des Européens se déclarent insatisfaits de leur poids (46% des femmes) : 40 % le jugent trop élevé et 5 % trop faible. Le poids idéal s’établit en Europe à un IMC de 22,6 pour les hommes et de 19,8 pour les femmes. L’IMC moyen déclaré étant de 25,5 pour les hommes et 24,5 pour les femmes, l’écart séparant “l’idéal de la réalité est plus important” chez elles (4,7 points contre 2,9).
C’est “cohérent avec le sentiment d’insatisfaction plus répandu chez elles, malgré une corpulence plus faible,” écrit Thibault de Saint Pol. Sentiment d’insatisfaction également beaucoup plus fréquent chez les obèses invoqués dans la problématique de l’étude mais très rapidement survolés ensuite. Ce qui peut étonner quand on y lit:
“une femme obèse a 48 fois plus de risques d’être insatisfaite de son poids” que d’en être satisfaite, “le rapport de risque, quoique plus faible chez les hommes, est de 32“.
ou encore… ‘L’obésité (../…) entraîne beaucoup plus d’insatisfaction que le sous-poids ou le surpoids, quel que soit le sexe.“
D.B.
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L’étude “Surpoids, normes et jugements en matière de poids : comparaisons européennes” a été publiée dans le numéro d’avril de “Population et sociétés” , bulletin de l’Institut national d’études démographiques (Ined). L’étude, basée sur les chiffres de l’Eurobaromètre 2003 et portant sur 16.300 personnes à travers l’Europe, est consultable en pdf ici.
Un traitement médiatique frappant
Côté médias, que retenir de cette étude? Que mettre en avant? Sur quoi titrer? Il est intéressant tout d’abord de constater que les trois camps qui se dessinent ont fait l’impasse sur les hommes. Et dans les articles eux-mêmes, ils sont quasi toujours inexistants. Presse féminine, presse généraliste, agences… tous n’en ont que pour le poids des filles réel ou idéal. Que celui des garçons ne soit pas même évoqué, cela ne fait-il pas tiquer?
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Le cocorico de fierté nationale
“Femmes minces: les Françaises numéro 1 en Europe“ ; “Les Françaises sont les plus minces d’Europe“ , “Les Françaises sont toutes aussi jolies et minces“ ; “En France, les femmes sont minces“…
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Le bémol de taille :
“Les Françaises se voient grosses” ; “Les Françaises se voient plus grosses qu’elles ne le sont“ ; “Les Françaises se trouvent grosses“…
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Et la synthèse (pas toujours flatteuse…)
“Les Françaises se trouvent trop grosses mais ne le sont pas“; “Les Françaises les plus minces et les plus exigeantes d’Europe“… “Les Françaises, les plus minces et les plus complexées“!!!
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29 octobre, 2010 à 21 h 35 min
Il parait que les hommes préfèrent les femmes rondes ! Vrai ou faux ?