Des sushis sans soucis
En ces premières Journées de la Mer, un Guide des sushis responsables précisant aux consommateurs les espèces à privilégier car non menacées d’extinction, à la différence du thon rouge, vient d’être publié.
Fragilité des océans
L’océan et ses ressources sont “les grands oubliés du 20e siècle” selon Jean-Louis Borloo, ministre en charge de l’écologie, à qui devraient être remis prochainement les rapports des groupes de travail du Grenelle de la Mer. A l’occasion de la Journée mondiale de la Mer, le 8 juin, le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie et du Développement durable organise ses premières Journées de la Mer, du 8 au 14 juin.
Plus de 230 manifestations sont organisées en particulier dans les régions littorales françaises avec pour objectifs d’informer les citoyens des richesses et fragilités de la mer, de les sensibiliser aux bonnes pratiques et de faire découvrir les activités maritimes professionnelles.
Le site Mescoursespourlaplanete.com, animé par l’agence d’information Graines de changement et financé notamment par l’Ademe, Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, a réalisé ce Guide des sushis responsables en s’appuyant sur l’expertise du Centre national de la Mer Nausicaa (Boulogne-sur-mer)
Eco-consommateurs de poisson
Le parti-pris de ce guide est de recenser non pas les espèces menacées d’extinction mais au contraire celles à privilégier “dans un esprit positif et déculpabilisant”. Sont ainsi absentes les espèces les plus couramment proposées dans les restaurants japonais : thon rouge, saumon, dorade, anguille, oeufs de cabillaud, victimes de la surpêche “souvent à l’insu des consommateurs”.
Si le poisson cru est un “excellent aliment” riche notamment en omégas 3, ces fameuses bonnes graisses, et en minéraux, 75% des ressources naturelles de poisson sont pleinement exploitées ou surexploitées. Le guide invite ainsi les consommateur à interroger les restaurateurs sur la provenance de leurs poissons : d’élevage ou sauvage, d’origine française ou importé, issus de l’agriculture biologique ou pas, surgelés ou non. En France, deux produits de la mer sur trois sont importés, or ces modes de culture, de conservation et de transport ne sont pas sans conséquences sur la planète.
Le saumon et le thon, les deux types de sushis et sashimis les plus consommés, font partie des espèces les plus menacées. En 20 ans, les stocks de saumon sauvage ont été divisés par deux, et, pire encore, ceux de thon ont diminué de 80%. Les tableaux récapitulatifs des espèces à privilégier pour ne pas contribuer à la disparitions d’espèces menacées précisent également les saisons propres aux cycles de vie de ces espèces.
Pour les poissons sauvages, choisissez plutôt du maquereau, de la seiche ou du crabe et, en hiver, des harengs ou calamars. Du côté des poissons d’élevage, les crevettes, mais aussi le saumon et les truites bios sont à privilégier. Le guide invite les consommateurs à demander aux restaurateurs des produits bios que “malheureusement, peu de restaurants et même de poissonniers” proposent à ce jour, “faute de demande de leurs clients”.
Choisir des poissons moins menacés et des produits frais, de saison et de proximité limite les impacts de notre coup de baguette sur la planète.
Télécharger le Guide des sushis responsables
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