Chocolat indigeste
Après tous ces oeufs et ces cloches au chocolat (ces lapins aussi pour être tendance )… un petit regard sur les côtés? On ne va pas gâcher Pâques, mais le chocolat peut être amer. Certains ados “dépendent” du chocolat… d’autres en seraient esclaves.
Qu’y-a-t-il derrière une barre ou une tablette de chocolat? Parfois, des ados travaillant “de 5 h du matin à la tombée du jour“, nourris d’ “une seule banane grillée“, fouettés “avec des branches de cacaoyer”, drogués et enfermés à clé la nuit… Vendus une misère pour être corvéables à merci… Un témoignage après la rencontre de six jeunes de 18 à 22 ans qui ont connu l’esclavage du chocolat en Côte-d’Ivoire (principal pays producteur avec le Ghana).
Selon l’ONG suisse, “Déclaration de Berne”, qui a enclenché toute une action, “dans les plantations de cacao d’Afrique de l’Ouest, près de 250 000 enfants travaillent dans des conditions totalement scandaleuses“. 6.000 Suisses, fin mars, avaient d’ailleurs signé cette pétition “Non à du chocolat suisse issu du travail des enfants“.
Mars interpellé en 2002 par une très grande pétition vient d’annoncer sa conversion progressive au cacao de “développement durable” (en français ici - en anglais ici) qu’il y a toutes raisons de supposer éthique. Sans doute une étape importante sur ce dossier.
Le site de la “Déclaration de Berne” mérite une visite… Si l’on est anglophone, on peut aussi passer par cet article néo-zéalandais auquel NaturaVox fait écho. On y lira que “le travail des enfants et l’esclavage sont une réalité dans les plantations de cacao de l’Afrique de l’Ouest“, un “sombre secret ” qui perdure… malgré la tentative, en 2001, des USA: mettre en place des labels anti-esclavage sur les barres chocolatées industrielles (ce qui avait causé une “panique” dans les grandes compagnies spécialisées).
Voile “pudique” sur
la traite des enfants
La Déclaration de Berne revient ici sur l’histoire avortée du label “no-forced-labor” (pas de travail forcé) et comment désormais “l’industrie se cache derrière le financement de projets pilotes qui ont pour objectifs de modifier le comportement des cultivateurs, sans pour autant remettre en question leurs propres pratiques“.
En français, la courageuse journaliste Doan Bui qui vient de publier “Voyage au coeur de la planète de la faim“ fait un point sur la situation sur son blog : “250 000 enfants travaillent dans ces plantations dans des conditions lamentables (utilisation de pesticides sans protection, salaire de misères, cadence de douze heures par jour). La plupart sont des migrants, issus de la traite d’enfants. (…/…) Les pays de destination : la Côte d’Ivoire.”
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(A noter : certains contestent cependant frontalement cependant l’esclavage des enfants).
Yaourt, tablettes, barres…
“incognito” et “grand secret”
Sur le Ghana, l’autre grand producteur, on pourra lire le témoignage d’Anita Sheth de Save the Children Canada (ONG impliquée également sur le dossier), à nouveau sur le site Infossanté : les enfants disaient “qu’ils avaient faim quand ils travaillaient. Ils racontaient aussi les longues heures passées sous le soleil, les pulvérisateurs d’insecticide qu’ils devaient utiliser, leur peur d’être piqués. Certains de ces enfants disaient marcher pendant trois jours avant d’arriver sur les exploitations de fèves de cacao parce qu’ils devaient trouver du travail pour soutenir leur famille. »
De quoi regarder autrement… sans doute… ce type d’article ne faisant strictement aucune référence à la question - plutôt sidérant dans un journal comme Le Point - et dressant une statue vibrante à l’un des plus grands “seigneurs du chocolat“, “roi incontesté du chocolat“… gastronome, fascinant aventurier, héros exotique d’une success story… dont l’objectif philantropique ultime serait de transformer le chocolat en “véritable produit de santé“…
D.B.
- A lire : le chocolat et la crise sur Le Monde.fr
Le chocolat, roi des fêtes de Pâques, sur I-diététique
Un tour du Web très riche et plein de liens, “Sciences et chocolat”, sur le blog En quête de science - Et sur le Bloob, “c’est quoi le chocolat blanc?”
Vive la femme équitable
Et la “femme chocolat“? Après plus de 200 concerts pour son dernier disque, Olivia Ruiz, fait définitivement oublier toute réalité fictive, scénarisée, inventée, mise en scène et en boîte… Un imaginaire, une créativité, un pur talent qui ne donne aucune raison de… “paniquer”
A noter: Olivia Ruiz mène avec son frère, le rappeur Toan, un projet caritatif pour le Burkina-Faso “pays des hommes intègres”, avec de la musique distribuée gratuitement. C’est à découvrir ici, un beau voyage.
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