« Brigitte » : bye bye les tops
Le magazine féminin allemand, l’un des plus populaires outre-Rhin cessera de faire appel à des mannequins professionnels à partir de 2010. Pour en finir avec le diktat de la taille zéro.
Retouches au niveau des cuisses
C’est une petite révolution dans le monde de la mode, royaume de l’ultra-minceur. Les silhouettes faméliques aux côtes saillantes n’auront plus droit de cité dans les pages de Brigitte dès janvier prochain. Pour les remplacer, des femmes de la « vraie vie », avec des hanches, des courbes et des formes, normales en somme, seront invitées à poser pour le magazine, un des plus vendus en Allemagne (Brigitte est tiré à 700 000 exemplaires).
« Depuis des années, nous utilisons la retouche pour grossir les mannequins, notamment au niveau des cuisses et du décolleté, explique Andreas Lebert, rédacteur en chef de Brigitte dans une interview accordée au quotidien anglais The Guardian. A force, c’est dérangeant et pervers : qu’est-ce que ces filles ont à voir avec nos vraies lectrices ? »
Industrie anorexique
A en croire Andreas Lebert, cette décision « gonflée », se veut une réponse aux nombreuses plaintes des lectrices qui ne se reconnaissent dans les corps décharnés qui s’étalent sur papier glacé et en ont « assez de voir des os protubérants ». « Aujourd’hui, le poids des mannequins est en moyenne 23% inférieur à celui des femmes « normales », poursuit Andreas Lebert. C’est toute l’industrie de la mode qui est anorexique ! »
Le projet est louable. Pourtant des critiques se font déjà entendre attribuant à Brigitte des attentions beaucoup moins nobles que la volonté de lutter contre l’anorexie. Certains y voient une simple préoccupation financière : en ne faisant plus appel à des mannequins professionnels, le magazine réaliserait de substantielles économies, toujours bienvenues dans un contexte de crise de la presse. Andreas Lebert s’en défend en répondant que les « mannequins » amateurs seront rémunérés au même tarif que les « pro ». Quelles que soient ses réelles motivations, l’initiative de Brigitte est un nouveau signe de changement encourageant, après l’appel lancé par la rédactrice en chef du Vogue anglais, Alexandra Shulman, auprès des plus grandes maisons de couture pour en finir avec la « taille zéro ».
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Source : The Guardian







