Stevia, l’édulcorant naturel débarque
Stevia = édulcorant naturel! Ce sera l’argument majeur sans doute par rapport à l’aspartame. L’on risque bien d’entendre parler de plus en plus de cette Stevia, autorisée récemment en France par un arrêté interministériel (après une décision similaire de la FDA, aux USA, fin 2008). L‘industrie agro-alimentaire se réjouit et un bombardement marketing sur les bienfaits de la Stevia est à prévoir. Mais la soudaineté des autorisations après de longues années de refus risque d’alimenter une polémique en sommeil.
Utilisée traditionnellement par les indiens Guaranis du Brésil et du Paraguay, les feuilles de cette plante présentent un pouvoir sucrant 45 fois supérieur à celui du sucre de table, rappelle Wikipédia. Sans apporter une seule calorie, l’extrait purifié de cette plante d’Amérique du Sud présente un pouvoir sucrant 200 à 300 fois supérieur à celui du sucre. Le bombardement marketing va pouvoir commencer sur ce principe : “c’est naturel”… par opposition à l’aspartame, objet d’une appréhension fréquente chez le consommateur.
Selon le Parisien, la Stevia reçoit aujourd’hui même les “honneurs” des entretiens de Bichat aujourd’hui (sans doute dans l’atelier sur les troubles du comportement alimentaire - voir en pdf, le programme à jeudi). Le quotidien donne également la parole à Claire Meunier, responsable nutrition de Coca-Cola, dont les boissons light ou allégées passeront partiellement à la Stevia. Mais plus largement, desserts, confiseries, laitages, produits de régimes sont concernés. La Stevia (qui représenterait 40% du marché des édulcorants au Japon) sera également distribuée sous forme d’édulcorants de table: PureVia®, Truvia®, Liv®…
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GROS SOUS - De grandes multinationales (Cargill, Merisant, Coca-Cola et Pepsi) ont manifestement mis tout leur poids sur ce dossier qui se débloque planétairement (voir Libération). Les fabricants américains de soda en particulier ont un intérêt direct à dominer ce marché, alors qu’ils sont dans le collimateur de l’administration Obama (revoir ceci en anglais sur CBS). En France, “les industriels de l’agroalimentaire utilisant les édulcorants ont de quoi se réjouir,” écrit aussi de son côté l’Usine Nouvelle, “La France est le premier pays européen à autoriser l’utilisation et la commercialisation pendant deux ans du Rebaudioside A“.
Une ombre
au tableau?
Tandis que la Stevia promet d’être mise en avant dans la lutte contre l’obésité, le diabète, voire l’hypertension, reste néanmoins une ombre au tableau: de vieilles polémiques pourraient ressurgir. L’utilisation traditionnelle comme abortif de la Stevia, que relève la Wikipedia, l’a fait soupçonner à doses massives de causer une infertilité. Une page (en anglais) reprend les refus d’autorisation de la FDA ou de la Communauté européenne, justifiés jusqu’alors par des “données insuffisantes“. Cet autre document de 2009 (en anglais, en pdf) du Glycemic research institute de Washington résume:
- “la FDA a rejeté la Stevia dans les années 90 après que la recherche l’ait associé avec l’infertilité chez le rat. La FDA dit désormais qu’une des reformulations commercialisées de la Stevia, rebiana Reb A glycoside, est généralement reconnue comme sûre” (NDR : GRAS=Generally Recognized As Safe)
Attention, cet extrait doit être extrêmement pur. Donc, ce n’est pas vraiment une bonne idée de faire pousser n’importe quelle variété à usage personnel (voir ainsi en anglais, le Ticotimes du Costa Rica!)… ou, comme toujours, d‘acheter n’importe quoi n’importe où, en particulier sur Internet. D’autant qu’ il existe plus de 150 espèces de Stevia, qui est cultivée bien loin… en Amérique du Sud et en Chine.
D.B.
- Sur le Parisien, “Un nouveau sucre 100 % naturel“
- Le dossier de Doctissimo sur les édulcorants (hors Stevia à ce jour): où se cachent-ils, leurs rapports avec les régimes, l’aspartame est-il une menace, choisir entre sucre et faux-sucre etc
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En anglais, la voix critique de The Examiner enfin qui rappelle qu’une autorisation de type GRAS n’est pas un soutien “de tout coeur“… et qu’usuellement elle concerne des substances dont l’utilisation courante est antérieure à 1958.







6 août, 2010 à 12 h 28 min
Bonjour, je découvre votre siteweb par cet article, magnifique.
bonne continuation
David