Sida, vers un dépistage volontaire généralisé à partir de 15 ans?
La Haute autorité de santé préconise un dépistage volontaire généralisé du sida, de 15 à 70 ans, soutenu par une campagne de mobilisation au long cours des acteurs de santé. Ces avis et recommandations, d’abord remis à Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, sont désormais en ligne.
C’est Libération (édition abonnés) qui a révélé l’information. Un rapport de la Haute autorité de santé, déjà entre les mains de Roselyne Bachelot, préconise le dépistage volontaire généralisé du Sida, de 15 à 70 ans, pour combattre plus précocément et efficacement la maladie. La Haute autorité de santé confirme désormais sur son site cette “stratégie de dépistage en deux volets“:
- proposer le dépistage “à l’ensemble de la population âgée de 15 à 70 ans, hors notion d’exposition à un risque de contamination ou caractéristique particulière” - résultats et impact seraient analysés après cinq ans.
- mener des dépistages ciblés pour certaines populations: homosexuels, hétérosexuels ayant eu plus d’un partenaire sexuel au cours des douze derniers mois, usagers de drogues injectables, migrants originaires d’une zone de haute prévalence, personnes en situation de prostitution, personnes dont les partenaires sont porteurs du VIH…
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Ces derniers tests ciblés seraient annuels chez les homosexuels multipartenaires, les usagers de drogues injectables, et “les personnes multipartenaires originaires d’Afrique sub-saharienne et des Caraïbes“.
- Parallèlement, la Guyane est reconnue comme subissant une “situation d’épidémie généralisée” méritant des “stratégies de dépistage spécifiques et volontaristes, reposant sur une proposition régulière à l’ensemble de la population du test de dépistage.”
Une grande campagne de santé
Le test général, sans prescription médicale, pourrait se réaliser directement en laboratoire d’analyse médicale. Il serait plus accessible et promu par une grande campagne de santé mobilisant notamment les médecins généralistes, les gynécologues, la médecine universitaire, les centres de planning familial et les dispositifs pour les précaires ou les migrants. Il serait également proposé lors d’un recours aux soins hospitaliers.
La décision sur ces avis et recommandations relève du ministère de la santé.
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Deux réactions très enthousiastes, celles d’ActUp et de Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008 - à lire dans les mises à jour de l’article sur Têtu. On peut rajouter celle également très positive de Jean-François Delfraissy, directeur général de l’Agence nationale de recherche sur le sida (voir dépêche AFP sur France24).
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CitéGay qui offre un article d’ensemble intéressant rappelle par le biais d’un reportage France2 de 2007 que si 81% d’entre eux ont peur du Sida… 71% des 15/24 ans n’ont jamais fait de test de dépistage, et 19% n’utilisent pas toujours un préservatif.
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A savoir: on peut se faire dépister gratuitement de manière anonyme dans les centres dédiés (taper le numéro de son département sur cette page de Sida Info Service)
40.000 séropositifs qui s’ignorent
Malgré une politique volontariste de dépistage (5 millions de tests en 2007), la France resterait confrontée à un retard pour “certains groupes de populations ou d’individus“: particulièrement les plus de 40 ans, les migrants et les hétérosexuels à partenaires multiples.
Le dépistage est rentré dans les moeurs mais reste trop lié à des épisodes particuliers de la vie, comme la grossesse, la consultation prénuptiale, le don du sang… ou à la prise de risque. Il ne touche pas (ou peu) certaines populations. Et le Sida progresse toujours au même rythme annuel, de 6 à 7.000 nouvelles contaminations.
La France compterait 160.000 séropositifs dont un quart (40.000) ignorerait sa contamination. Entre 1997 et 2005, “47% des sujets pour lesquels un diagnostic de sida a été porté présentaient un retard au dépistage“. Ce retard au dépistage est non seulement cause de complications dans les traitements, plus lourds, mais aussi de contaminations qui auraient pu être évitées.
D.B.
- La synthèse en pdf des recommandations de la Haute autorité de santé “Dépistage de l’infection par le VIH en France” - et le document complet
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Sur le Télégramme, “Vers un dépistage généralisé du sida“






