Retraites : erreur à 300 millions d’€ en “votre” faveur
Un jour de chômage comptait pour un trimestre de cotisation retraite. Un bug qui a duré 25 ans sans que nul ne le décèle. Cette “monumentale erreur“, selon nombre de commentateurs, a coûté plus de 300 millions d’€ à la Cnav. Elle ne sera corrigée, au cas par cas, que pour les moins de 54 ans. Par le petit bout de la lorgnette, une illustration des questions générationnelles qui n’opposent pas seulement situation et traitement des adolescents et jeunes adultes au reste de la population, mais les tranches d’âge actives… aux seniors et grands parents.
C’est le bug à 300 millions d’euros. Une multitude de trimestres indus de cotisations retraite pris en compte par l’assurance-vieillesse depuis 25 ans (1984). Cette simple erreur de paramétrage de programme informatique concernerait 630.000 salariés encore en activité… et en aurait touché au total plus d’un million.
Le premier, Les Echos a rédigé un long article sur ce dossier sensible, qualifié d’”explosif“ dont rien n’avait filtré pendant trois mois. A l’origine du bug, un mauvais calcul des trimestres de retraite pour les chômeurs: dès le premier jour d’indemnisation au lieu du 50ème… et ainsi de suite (dès le 50è pour le deuxième trimestre au lieu du 100è, etc). En fait, la faute à l’Unedic (chômage) et pas à la Cnav (retraite).
Challenges explique plus précisément : le système informatique de l’Unedic (assurance-chômage) arrondissait, de fait, les trimestres validés “à l’unité supérieure alors que la réglementation en vigueur exige d’arrondir à l’unité inférieure“, puis transmettait les informations à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (assurance retraite). Le magazine économique précise que “depuis 2008, l’Unedic transmet les périodes de chômage date par date et c’est la Cnav qui calcule elle-même le nombre de trimestres ouvrant droit à la retraite -de façon moins généreuse“.
Un traitement générationnel
de la correction
Le bug a été découvert sur des départs à la retraite l’année dernière… Il a alors bénéficié à 29.000 Français qui ont pour une part (5.000) anticipé leur départ d’un trimestre ou qui, par un cumul de différents systèmes, touchent des retraites majorées. Le Figaro relativise : il évalue ce bonus à 1,1% de la pension et la totalité de la somme en jeu au final à 0,02% des prestations versées depuis 1984. L’extrapolation sur ces chiffres de l’an passé à abouti aux estimations d’1 million de Français concernés. Problème : l’Unedic ne conserve ses dossiers que sur dix ans…
Saisis par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), les deux ministres de tutelle Brice Hortefeux (ministre des Affaires sociales) et Eric Woerth (Budget), ont préféré “ne pas souffler sur les braises“, écrit Les Echos. Il en ressort que les retraites actuellement versées ne seront pas recalculées en valeur (ni remises en cause par le nombre de trimestres y ouvrant droit) et que, pour l’avenir, “l’avantage ” indu” des salariés de plus de 53 ans” ne sera pas non plus supprimé à la liquidation de leur retraite.
…Mais la présidente de la CNAV indique qu’à partir de la génération née en 1955, des rectifications pourront s’opérer après prise de contact, “dans très peu de cas“.
D.B.
A voir également
- Sur le Figaro : “Les Français cessent le travail 1,5 an avant la retraite“
- Sur le JDD : “Le non-partage des richesses” ou le rapport remis par le directeur général de l’Insee l’évolution récente de la part salariale dans la répartition des bénéfices des entreprises
- Et sur le Bloob : “Le niveau de vie par génération baisse : un tabou brisé par l’INSEE“
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