Réforme des lycées : l’accélération Descoings!
Puissant coup d’accélérateur, aujourd’hui. La réforme des lycées va désormais vite, très vite. A peine remis, le rapport du directeur de Science Po est déjà validé par Nicolas Sarkozy et des mesures opérationnelles devraient être dégagées “pour la rentrée 2010“. En somme, un grand “au boulot” lancé par le Président… charge au ministre de l’Education nationale de sélectionner parmi les préconisations et de mener ensuite la concertation. 87 pages qui vont désormais faire parler d’elles… avec quelques sujets polémiques au menu?
L’Express souligne que certaines mesures du rapport sont effectivement “potentiellement polémiques” : plus grande autonomie budgétaire des établissements; multiplication des enseignants “chargés de mission“; développement des stages en entreprises… Quelles seront les préconisations retenues au final par Xavier Darcos… pas seulement la fin des cours magistraux à 15h?
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Zoom sur les classes à effectif variables, elles iraient selon les établissements : de 25 élèves là où “l’hétérogénéité sociale, économique, culturelle des classes est telle qu’il faut impérativement avoir des groupes en nombre moins important”… à 34 ou 35 là “où ça va bien?
Dans son communiqué, l’Elysée a exprimé que “le statu quo ne saurait être la solution: le lycée doit évoluer pour permettre à tous les élèves de réussir“. Le président Nicolas Sarkozy demande rapidement un “débat et une analyse approfondie“, pour “des mesures opérationnelles que le gouvernement devra appliquer en concertation avec l’ensemble des partenaires sociaux“… “dès la rentrée 2010“.
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Pour le moment, les réactions semblent plutôt positives (voir EducPros, site de l’Etudiant), et le PS tout en parlant de “cacophonie à droite” évoque une “rupture claire avec Darcos”. Le consensus serait possible?
L’orientation (voir plus loin) apparaît comme l’un des axes centraux du rapport remis à l’Elysée par Richard Descoings, ce mardi 2 juin. C’est là le «sujet phare de tous les échanges depuis le début de ma mission», exprime l’intéressé dans un article paru le matin du Figaro, qui indique également les propositions “sur le rééquilibrage des filières générales, la réhabilitation des voies technologiques et la maîtrise des langues“.
Sur le premier point, Les Echos rappellent que Richard Descoings souhaiterait “atténuer la hiérarchie actuelle, faisant de la série scientifique la voie royale“. Une ambition plus longuement explicitée sur Le Monde : dans cet entretien, Richard Descoings prône le maintien d’une filière technologique forte; le statu quo pour la filière ES; une hausse du niveau en sciences pour la série S (plutôt qu’une “diminution des humanités“); et une “rénovation de l’enseignement” en L (littéraire), série “en perdition“: en faire la “grande série des langues vivantes” tout en remettant “de la culture scientifique“.
Tir groupé
sur l’orientation
Sur le Figaro toujours, l’article “des pistes pour aider les lycéens à préparer leur avenir“ revient sur les propositions du délégué interministériel à l’orientation, Bernard Saint-Girons, remises la semaine dernière. Elles proposent que le conseil de classe du premier trimestre de terminale inclue l’examen du “projet de poursuite d’études“, que les universités, prépas ou BTS soient contactés dès octobre ou novembre par le futur bachelier (avec réponse encourageant ou décourageant la perspective d’inscription), et qu’une période de réflexion plus soutenue et mieux informée précède la démarche post-bac.
De son côté, Richard Descoings propose une seconde qui soit une “vraie classe de détermination“ avec deux premiers trimestres à enseignement identique et obligatoire des matières de spécialisation ultérieure. Les deux propositions se croiseront-elles?
“Ce n’est pas une version
déguisée du projet précédent“
La phase de consultation achevée, Richard Descoings est donc entré dans celles des propositions. Il l’explique en vidéo. Un demi-million de visiteurs ont vu les 400 vidéos ou lus les 1.500 contributions du site lycée pour tous. Des débats ont été organisés dans 80 lycées de 76 départements. Et c’est un marathon qui s’achève pour celui qui a rencontré les lycéens, les proviseurs, les partenaires sociaux, les experts…
Il explique avoir rédigé un rapport qui part du terrain et du “lycée tel qu’il est” dans une triple exigence : le respect (qui inclut de “préserver ce qui va bien“), l’écoute (le lycée n’est pas qu’un dossier “administratif“, “technique“) et la considération de tous.
Il constate : “il n’y a pas de consensus social sur le sens des études secondaires et le rôle du lycée dans notre pays” et il prévient, se référant régulièrement au président de la République, “ce n’est pas une version déguisée du projet précédent” et “les propositions que je formule ne comportent aucun objectif de réduction des moyens“. Une nouvelle version du site se met en place. Richard Descoings continuera à y dialoguer et à “expliquer si nécessaire“.
Richard Descoings, haut commissaire
…à la réforme des lycées?
Le JDD revient en début d’article sur la longue série des réformes avortées du lycée rappelant qu’ “après Devaquet, Allègre et Ferry, c’était au tour de Xavier Darcos de se casser les dents, en décembre dernier, sur les manifestations lycéennes“.
De là, “pour calmer le jeu” mais “sans céder sur le fond“… la commission dirigée par Richard Descoings, le très médiatique directeur de Sciences-po, qui a “ouvert aux ZEP sa prestigieuse école de la rue Saint Guillaume” (son portrait, ici, toujours sur le JDD). Une mission brillamment remplie jusqu’ici… mais qui entre dans une deuxième phase sans doute plus délicate.
Richard Descoings a récemment démenti la rumeur de sa possible entrée au gouvernement comme ministre mais certains journaux persistent et le verraient bien, par exemple, haut “commissaire”.
D.B.
Le rapport est consultable et téléchargeable (en pdf) sur le site Lycée pour tous
A voir également : le rapport pour la mission d’information parlementaire sur la réforme du lycée, du député UMP Benoist Apparu que résume ainsi France Soir, (en fin d’article) : 35 heures par semaine dont cinq de devoirs au sein du lycée, des « sas » de réorientation l’été pour éviter les redoublements et un baccalauréat plus « resserré » avec des partiels en cours d’année. On retrouve aussi chez Richard Descoings l’idée d’intégrer “le temps de travail personnel au sein de l’emploi du temps“.






