Rapamycine: une lueur pour l’espérance de vie
La rapamycine, déjà connue pour rallonger l’espérance de vie de levures, nématodes et mouches vient de prouver une efficacité spectaculaire chez les mammifères, en l’occurrence: les souris. Problème, on ne peut pas l’appliquer chez l’homme.
Les annonces d’anti-vieillissements se suivent et ne se ressemblent pas. Après la mélatonine, testée sur des musaraignes, qui pourrait faire gagner jusqu’à dix ans chez l’homme… Après le resvératrol (molécule présente dans le raisin et les mûres) qui a des effets cardio-vasculaires et anti-oxydants chez les souris (mais sans accroissement de la longévité hélàs)…
Voici la rapamycine qui rallonge carrément de 10% la longévité maximale des souris (la durée de vie moyenne augmentant de 9% chez les mâles et 13% chez les femelles) sans modifier les causes du décès… Une “fontaine de jouvence” qui présente un défaut, hélàs majeur, ce médicament anti-rejet pour les greffés (sous le nom de Rapamune), est un immunosuppresseur, tout comme la ciclosporine. Reste tout de même un espoir, celui de développer des molécules analogues sans effets secondaires.
Quelle est le mode d’action exact de la rapamycine (qui tire son nom du lieu de sa découverte : Rapa-Nui - l’Île de Pâques)? On sait qu’elle diminue l’activité d’une protéine (TOR) dont l’inhibation était déjà connue pour rallonger l’espérance de vie de non-mammifères (levure, nématode, mouche). Mais guère plus.
“Nous pouvons tenter de deviner, mais nous ne savons pas,” résume sur Wired Science (en anglais), David Harrisson du Jackson Laboratory (Maine), qui a mené l’étude publiée par Nature, avec deux autres équipes indépendantes de chercheurs. Ce gérontologue ne pense pas que l’allongement de vie enregistré chez les souris provienne du seul retardement de quelques maladies et souligne surtout qu’aucune expérience n’a été aussi efficace que la rapamycine en démarrant chez les souris à l’équivalent humain de 60 ans.
Souris du soir… espoir!
D.B.
A voir sur France Soir “Des chercheurs ont peut-être trouvé une fontaine de jouvence”
A voir (en anglais) sur Wired Science “Experimental Diet a Fountain of Youth for Monkeys” (longévité accrue chez le singe par un régime de restriction calorique - avec de nombreux liens)






