Plan Santé et Environnement
Le 2ième Plan national Santé et environnement 2009-2013 (PNSE2) a été adopté hier, mardi 21 juillet. Les 490 millions d’euros prévus serviront à financer les mesures organisées en 12 axes prioritaires. Les résultats que l’on peut espérer en attendre ne font pas l’unanimité.
La secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Chantal Jouanno, a souligné qu’avec un budget de 490 millions d’euros, ce plan “n’est pas une déclaration d’intention mais un plan opérationnel” et a précisé, rapporte Maxisciences, qu’elle l’a “retoqué deux ou trois fois” parce qu’il “n’était pas à la hauteur des enjeux, alors que le développement de l’asthme et des allergies est souvent dû aux irritations provoquées par les particules”. Le Point rappelle le Plan particules était notamment, « l’un des engagements du Grenelle de l’environnement » et que le PNSE2 « s’appuie sur les recommandations du Pr Gentilini » présentées mi-avril à Roselyne Bachelot et Chantal Jouanno.
Ce volet particules est l’information importante selon l’Alsace. Les 12 millions d’euros sur cinq ans qui lui sont consacrés s’attaquent à « un ennemi particulièrement difficile à réduire » et « responsable en France de 30 000 décès prématurés par an » selon l’Organisation mondiale de la santé, cet ennemi, Le Point ajoutant que « selon une étude de l’Institut de veille sanitaire (INVS), 5 à 10% des cancers seraient liés à des facteurs environnementaux ».
L’objectif est d’atteindre « une concentration maximale dans l’air de 15 microgrammes/m3 de particules fines en 2010 » cette limite devenant obligatoire en 2015, « soit une réduction (-30 %) plus ambitieuse que celle visée par l’Union Européenne (25 microgr/m 3 en 2015) » précise l’Alsace qui souligne que « rien n’assure cependant que les particules seraient inoffensives en dessous d’un certain seuil ». Et l’article de rappeler qu’il faut réduire « à la source » les particules et ce dans « toutes les activités humaines concernées : domestiques (chauffage au bois), agricoles (engrais), industrielles et, bien sûr, transports ». L’article conclue en rappelant que « depuis 2000, le niveau des particules est resté stable »
Un constat également souligné par Ouest France se demande s’il ne s’agit pas d’un « vœu pieux ». En effet, cet objectif prioritaire du premier plan de 2004 « de réduire de 30 % les émissions de particules fines du secteur routier d’ici à 2010, ne sera pas tenu » rappelle le quotidien qui précise qu’en fait, « depuis 2000, le niveau de particules fines est resté stable à Paris, malgré les actions entreprises sur les pots d’échappement et dans les usines ».
Sur son site, le Ministère de l’Ecologie insiste quant à lui sur les « résultats concrets » obtenus grâce au premier PNSE de 2004-2008 : la réduction des émissions atmosphériques industrielles comprise entre 50 et 85 % entre 2000 et 2008 selon les substances ; les procédures de protection de 75 % des captages d’eau potable, le travail de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur et de celui des résidus de pesticides et les 114 projets de recherche financés ( 25,4 M € ).
Dans son entretien accordé au Figaro, Chantal Jouanno a d’ailleurs d’abord été interrogée par Marielle Court sur la réalité du retard en matière de recherche. Chantal Jouanno explique que l’on « est totalement aveugle sur l’impact à long terme des faibles doses de polluants ». Pour elle, la solution ne passe pas par des moratoires : « c’est de recherche dont nous avons impérieusement besoin » précisant que 124 millions d’euros lui seront consacrée.
Ouest France souligne l’importance du budget consacré à l’identification des « points noirs écologiques », ces zones où sont observées des surexpositions aux substances toxiques, et au renforcement de la gestion des sites pollués. Avec 207 millions d’euros sur les 490 millions prévus, c’est le « poids lourd du plan ». La Dépêche insiste elle sur les « pas moins de 50 millions d’euros qui sont consacrés à la protection des femmes et des enfants ». Ainsi « les jouets, cosmétiques, textiles et matériaux qui leur sont destinés, feront l’objet d’une surveillance accrue » précise le journal qui liste les mesures prises, notamment « modifier le classement de certaines substances, afin de rendre leurs usages plus contraignants pour les industriels » et une « expérimentation de surveillance de la qualité de l’air dans 300 crèches et écoles » prévue dès la rentrée. Dans son entretien accordé au Figaro, Chantal Jouanno a précisé que cette surveillance « sera généralisée aux crèches et écoles maternelles en 2012 » et a admis que « la pollution de l’air intérieur peut être très importante dans les maisons mal aérées », et souligné que « c’est un sujet crucial, dans les nouvelles constructions, qui ont pour mot d’ordre l’isolation ».
Si « le premier plan a pu décevoir » concède la secrétaire d’Etat, contenant « trop de priorités et pas assez de moyens », celui-ci « c’est douze actions ciblées, c’est aussi des financements déterminés » et, étant donné que « la protection de la santé vis-à-vis des atteintes liées à l’environnement est une priorité », elle conclue « nous devons y arriver. »
Les associations regroupées au sein du Réseau Environnement Santé (RES) ne sont pas convaincues : « pris dans sa globalité, le PNSE2 ne permet pas de répondre à l’urgence de la crise écologique caractérisée par la croissance des maladies chroniques d’origine environnementale » rapporte Actu environnement. RES reprochent notamment au PNSE2 « de ne pas faire référence au principe de précaution comme principe majeur et de se fonder sur la vision étriquée du mot environnement » explique Actu Environnement qui cite RES : « on continue de raisonner milieu par milieu sans tenir compte de l’intrication des différents milieux ».
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