Opera un navigateur-serveur pour changer le Web
Opera vient de lancer son navigateur Opera Unite. Avec lui, votre PC devient un serveur, et les internautes peuvent y accéder aux fichiers choisis quel que soit leur navigateur et sans recours à un tiers. La révolution annoncée est “chose faite” commente Silicon.fr. Et cela va faire grincer des dents dans le contexte Hadopi. Mais la vraie cible semble plus les réseaux sociaux que le partage de fichiers proprement dit.
Ces Norvégiens (voisins de la Suède où est né le “Parti pirate” désormais présent au Parlement européen) intègrent une plateforme à leur browser, qui permet de partager des répertoires au choix sans uploader sur un site dédié, ni configurer d’accès FTP (file transfer protocol). Ca reste chez soi, cela ne demande que quelques clics, et cela rend par exemple toute sa musique accessible en streaming dans le navigateur d’autrui car c’est aussi un serveur Web.
Ouverture à tous, ou mots de passe, c’est au choix de l’internaute, qu’il soit équipé Windows, Mac ou Linux. Le plus important est dans l’ergonomie et le potentiel. Tout devient effectivement accessible par les navigateurs, quels qu’ils soient, et de nouvelles classes d’applications sociales (toujours hors du contrôle de serveurs tiers), devraient voir le jour. Opera Unite se veut une plate-forme ouverte, permettant à tout développeur de concevoir ses propres services. Le communiqué d’Opera situe l’enjeu : changer “pour toujours le tissu fondamental du web“.
Des réseaux sociaux
à taille humaine
Toute la philosophie est exprimée ici (en anglais). Extraits : “nos ordinateurs ne sont que des terminaux stupides“; “nous plaçons notre confiance dans des tiers“; “les réseaux sociaux sont importants, mais qui les possède?” (visés Facebook et Myspace); “pourquoi les solutions en ligne pour nous aider devant nos besoins du monde réel sont-elles si rares et distanciées?“… Bref, Opera refuse un Internet “impersonnel, anonyme et fragmenté” (…/…) “à l’opposé de promesse originelle“.
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Voir à ce sujet l’excellent article : “Tout le monde a intérêt à transformer Internet en Minitel” sur Ecrans.fr ou directement (mais c’est un peu long!) la conférence en vidéo “Internet libre ou Minitel 2.0“
Reste qu’Opera est très loin derrière les autres navigateurs: 0,72% de parts de marché, selon Vnu.net qui le situe aux côtés de Chrome de Google (un peu mieux loti)… mais bien loin d’Internet Explorer ou Firefox… voisinage qui ne change pas avec d’autres estimations, le plaçant (voir Nouvel Obs) à 4%. S’agit-il d’une masse critique suffisante pour “changer le Web“? Si l’innovation prend, ne sera-t-elle copiée et déformée, selon les principes classiques des “me-too” (Microsoft est déjà agacé par Opera).
Concernant Hadopi, Opera ne veut pas gérer de données, en revanche, il bloquera le compte devant des diffusions de fichiers copyrightés “mais cela ne pourrait arriver que si le cas était porté à l’attention d’Opera“, a dit le porte-parole.
D.B.
- Sur 20 mn, “La révolution Opera Unite: un serveur dans le navigateur“
- Un article plutôt critique, en anglais, sur Cnet.news parlant d’une “avenue du désastre” à propos des mots de passe. Cnet.fr qui propose le téléchargement attire l’attention sur des problèmes subsistant dans la version Beta et leur résolution.
- La vidéo philosophique d’Opera Unite (en anglais) : “nous voulons que nos ordinateurs soient des citoyens de première classe sur le Web pour que nous puissions nous connecter directement les uns avec les autres“
Sur le Bloob
Et justement…
Hadopi, où en sommes-nous?
2+2 = 4 A revoir : cette petite vidéo très pédagogique sur le Peer to peer et son évolution insistant sur les “petits malins” tout comme sur leur danger… Pour aller plus loin, lire sur SVM Mag “Comment les majors pistent les internautes”
QUELLES SANCTIONS? Sur le blog 2.0 d’Emmanuel Beretta, les spéculations à jour sur la suite du dossier ou bien encore sur Le Figaro “Hadopi : des sanctions sans audience”.
L’ETAT DU DROIT. Le communiqué du Conseil constitutionnel sur Hadopi et le texte promulgué au Journal officiel






