Mouton de l’Aïd, Dirty Harry… Roselmack?
Harry Roselmack, “journaliste préféré des Français” selon un sondage récent du JDD, passe la démultipliée. Non seulement, l’icône de la lecture sur prompteur se met en scène comme sujet-titre de l’émission “Harry Roselmack en immersion”. Mais “l’affaire du mouton volé” lui permet de jouer à… l’introspecteur Harry: témoin, complice, organisateur? Journaliste ou bidonneur? Cette mise en scène “télé-réelle” sur le thème de l’Islam en France, comportait effectivement un “gros” plan (c’est le cas de dire…) sur la ville de Marseille, un rien manipulé. Mais, comme “la télé ne ment pas”… ce doit donc être Internet. Fin de l’examen de conscience.
- Dirty Harry, surnom de l’inspecteur Callahan dans le film de Don Siegel avec Clint Eastwood (1971) . Dixit Wikipédia: “Le personnage de Callahan est clairement dans certaines scènes du film, un “justicier héros” bravant l’interdit et faisant passer la justice avant la loi.” Hum, réplique 7, ici, de circonstances? - “Now you know why I’m called Dirty Harry…Every dirty job that comes along”.
Tout a commencé le 27 novembre, par des révélations de La Provence: on découvre un mouton dans le coffre de la voiture d’Harry Roselmack à Marseille. Il tentait de le faire sortir vivant d’un centre d’abattage pour permettre à un jeune musulman de le tuer chez lui, pour l’Aïd, illégalement. Il s’agissait bien entendu de filmer le tout et de le diffuser sur TF1, à pleine audience, comme un élément significatif du débat sur les religions. Les faits ont été repris par l’AFP (voir sur Voila).
Harry Roselmack, très “immergé” dans ses processus de création de réalité, explique:
“nous avons choisi un jeune musulman, Jamel (…/…) Son projet à Jamel c’était de prendre son mouton, de le mettre dans le coffre de sa voiture (…/…) Le projet de Jamel n’a pas été mené à bien en raison de la présence d’une élue locale et le mouton a été ramené à l’abattoir. Nous n’avons dans cet épisode aucune part de responsabilité, nous suivons notre personnage comme n’importe quel journaliste le fait”. (AFP sur Voila à nouveau ou sur EcoRue89).
Les faits ont… tort!
Phrase éclairante: “Ce qui m’inquiète, c’est que cette manipulation, puisque c’en est une, nuise à notre tournage”, conclut le journaliste (repris sur le Télégramme ou Europe1). Bien entendu, Harry Roselmack évoque une manipulation tierce, pas la sienne, irréprochable, au-dessus de tout soupçon. Une manipulation d’Internet pour être précis… il déplore -sic- que “ça devienne sur internet “Harry vole un mouton”, c’est ridicule”.
Sur Internet, justement… les commentaires pleuvent. Jusqu’où Harry peut-il aller? Y aura-t-il complicité d’actes répréhensibles (7.500 euros d’amende et jusqu’à 6 mois de prison)? Quid aussi, et c’est peut-être le plus navrant, du symbole vivant de la diversité à l’antenne (voir de l’ascenseur social)? Harry Roselmack est-il vraiment là pour servir à pleine audience et sur un plateau un fantasme sur l’égorgement des moutons dans les baignoires? On dirait une fable…
- “J’espère que l’on m’aime avant tout pour mon professionnalisme. Moi qui me considère toujours comme un journaliste radio, je me souviens de ce que l’on m’a dit quand je suis passé à la télé: “la télé ne ment pas” - Harry Roselmack, sur le JDD le 5 novembre.
D.B.
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Sur le Parisien, “Fête de l’Aïd : un mouton vivant dans la voiture de Roselmack“
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Sur Rue89 “TF1 et France 2 «bidonnent» : la plaie de la reconstitution”
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Sur le blog Immédias de Renaud Revel, l’état de la diversité à la télé selon le club Averroes qui se félicitait “de la visibilité accrue que la chaîne octroie à Harry Roselmack”






