Mortalité routière, les +17,7% de septembre confirment l’inversion de la courbe
Presque 400 morts sur la route: à nouveau, septembre a été sombre pour la sécurité routière. La mortalité bondit de +17,7%. En annonçant ces chiffres, Jean-Louis Borloo en a appelé à une mobilisation “pour sauver des vies“.
La France doit effectivement se reprendre si elle veut atteindre son objectif de 3.000 morts au plus, en 2012. En 2009, le nombre de tués sur la route a cessé de décroître et, pour la première fois depuis huit ans, il repart à la hausse.
Les jeunes adultes et les deux-roues motorisés restent les premières cibles.
Durant sept années consécutives, la mortalité sur la route avait baissé. Mais après un mois de juin particulièrement meurtrier (+33% de décès par rapport à 2008), la hausse du mois d’août (+,5,6%) et surtout celle qui vient d’être enregistrée pour septembre (+17,7%, à 393 décès) confirment l’inversion de tendance. L’objectif prévisionnel de 2009, 3.887 morts au plus (voir en page 21 du diaporama de l’ONISR - en pdf) devra maintenant être abandonné.
Premières victimes: les deux-roues motorisés (motocyclettes et cyclomoteurs) qui réprésentent près d’un décès sur trois… alors qu’ils ne constituent toujours qu’à peine 2 % du trafic. Et parmi les premières causes, aux côtés de la vitesse excessive et de l’abus d’alcool, le non-respect des règles: “priorité refusée, clignotant oublié, feu rouge grillé” a énuméré Jean-Louis Borloo, ministre du Développement durable, qui lance un “appel à la plus grande prudence sur les routes” et demande une mobilisation “pour sauver des vies“.
Durant ce dernier trimestre, Dominique Bussereau, secrétaire d’État chargé des Transports dialoguera avec les associations pour la sécurité routière (qu’il a rencontrées en tout début de mois), pour que le gouvernement puisse apporter des réponses concrètes.
- Le stress dû à la crise pourrait être une explication de la recrudescence de la mortalité sur les routes, selon RMC qui a interviewé Charles Mercier Guyon, secrétaire du conseil médical de la Prévention routière; il explique: “les préoccupations de sécurité routière face à la crainte de la perte d’emploi, peuvent s’estomper un peu.“
- L’impact des radars sur la conduite s’atténuerait également après avoir fait baisser les vitesses moyennes de 10% en six ans, impactant très fortement la mortalité sur la route. (Désormais, c’est aux feux rouges qu’ils devraient se multiplier; ainsi qu’aux passages à niveau.)
- Seul point positif du bilan du mois de septembre, alors que la mortalité croît, le nombre de blessés est en baisse de 8,9 % par rapport à septembre 2008, de même que le nombre d’accidents corporels (- 6,5 %).
Pour mémoire, le 14 juillet 2002, le président Jacques Chirac avait élévé la sécurité routière au rang de grand chantier national. Cette même année, on dénombrait 7.742 morts sur les routes. La France s’est engagée par la voix du président Nicolas Sarkozy a abaisser la mortalité routière à 3.000 morts au plus en 2012.
On considère que de 2003 à 2008,12.000 vies ont été sauvées. Néanmoins, en 2008, 4.443 personnes sont mortes sur les routes. Parmi elles: 310 enfants et adolescents (0 à 17 ans) et 1.005 jeunes adultes (18 à 24 ans) ou encore 1.157 cyclomotoristes et motocyclistes.
D.B.
- Sur RMC, “2009, année noire sur nos routes?”
- Le bilan 2008 de l’Observatoire national interministériel de sécurité routière (ONISR) - en pdf
-
Pour aller plus loin: sur le Figaro, “Permis de conduire : ce qui va changer et sur le JDD (2007) “Mauvaise conduite des jeunes“






