Le boom des allergies alimentaires
5 à 7 % des moins de 15 ans sont désormais des allergiques alimentaires. Un chiffre en progression fulgurante. Un “calvaire” qui dans ses formes extrêmes présente un risque mortel. Seule solution : les régimes d’éviction et la plus grande vigilance.
L’allergie alimentaire touche désormais plus de deux millions de personnes en France. Un chiffre qui a doublé en cinq ans… quadruplé en quinze, souligne France Soir dès le début de son enquête. Un « calvaire » énonce le titre. 5% à 7% des moins de 15 ans sont désormais touchés (les enfants sont 3 à 4 fois plus victimes que les adultes). Pas le droit aux gâteaux ou aux oeufs, au lait, à la viande, aux cacahuètes etc. Une pathologie souvent paniquante à sa découverte.
==> Mobilisation ce mardi : les allergologues se mobilisent pour la troisième Journée française de l’allergie, ce mardi 24 mars. Avec deux thèmes essentiels : les allergies alimentaires et les allergies croisées (aliments et pneumallergènes ; aliments / latex… mais aussi aliments et aliments)
En jeu, s’échelonnant sur quelques minutes à quatre heures - voire plusieurs jours (ecsema) -: éruptions cutanées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, difficultés respiratoire, asthme aigu, gonflements soudains et oedèmes (de Quincke).
Aucune désensibilisation côté alimentaire
Certaines allergies alimentaires peuvent être mortelles. Le choc anaphylactique qui exige une prise en charge médicale immédiate (appel au SAMU - le 15) débute souvent par une sensation de malaise, avec démangeaisons suivies d’urticaire et gêne respiratoire.
Protéger les malades, c’est d’abord identifier précisément aliments et ingrédients à proscrire. Contrairement aux allergies respiratoires de types pollens, acariens ou poils, il n’existe pas de méthode de désensibilisation. Le régime d’éviction adapté reste la seule solution. En clair, se tenir à l’écart des déclencheurs. S’en suit un hygiène stricte dont la règle est « dans le doute, s’abstenir ».
La consultation d’un allergologue, permet par une méthodologie en cinq points, de l’interrogatoire aux tests, un diagnostic précis.
Ingestion, contact… simple baiser!
Confrontés aux étiquettes, pas toujours très claires et se servant d’intitulés multiples, les victimes d’allergie alimentaire vivent un parcours du combattant, craignent la restauration collective… et la légèreté de ceux qui ne prennent pas au sérieux leurs troubles.
L’allergie alimentaire ne doit pas être confondue avec l’intolérance alimentaire, également invalidante mais moins risquée et ne reposant pas sur les mêmes mécanismes physiologiques - production d’anticorps spécifiques. L’allergie peut se déclarer pas simple contact cutané avec l’aliment, voire à son odeur. “Attention au baiser fatal“, titrait ainsi eSanté.
« L’allergie aux œufs ou au lait a tendance à disparaître, celle aux arachides, de plus en plus fréquente, est souvent plus durable et plus sévère, » explique le professeur Daniel Vervloet, chef du service pneumo-allergologie de Marseille (Bouche-du-Rhône), dans cette interview également sur le site de France Soir et poursuivie d’un témoignage sur la « grande frayeur » de Laure, maman d’une petite Eva de 4 ans et demi, victime d’une allergie au poisson, traitée à l’adrénaline aux urgences et désormais suivie par un allergo-pédiatre.
Péril sur le stylo qui sauve
« Il faut toujours avoir un stylo auto-injectable d’adrénaline (Anapen) près de soi. L’adrénaline dilate les bronches et contracte les vaisseaux pour éviter l’étouffement, » rappelle le professeur Daniel Vervloet inquiet, « Un problème risque de se poser, hélas, dès la fin du mois avec ces stylos ! Ils ne seront plus distribués en pharmacie. Aucune solution n’a été trouvée pour qu’un nouveau distributeur prenne le relais. »
Pourquoi, enfin, ce développement de plus en plus marqué des allergies alimentaires?… (alors même que les professionnels spécialistes ne sont pas assez nombreux?) Sans doute, à la fois en raison d’une alimentation pasteurisée sollicitant moins les défenses naturelles… et en même temps, à cause d’’une plus grande présence de substances allergènes par le développement de l’industrie agro-alimentaire, selon le professeur Daniel Vervloet. Certains ajoutent parmi les causes, le succès des fast-foods et le développement de l’allergie au sésame, les aliments exotiques et la diversification de l’alimentation chez les bébés.
D.B.
Site de l’Association Asthme et allergies et conférences de ce mardi / Numéro Vert 0800 19 20 21
L’Association nationale des allergologues et immunologistes spécialistes et le Syndicat national des allergologistes spécialistes. Association française pour la prévention des allergies
Cercle d’Investigations Cliniques et Biologiques en Allergologie Alimentaire (CICBAA)
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