Jeu du foulard: jeu stupide, jeu mortel
“Rêve magique”, “rêve indien”, “rêve bleu”, “baiser du dragon” ou jeu du “foulard” plus communément. Cette asphyxie pour “jouer” est à l’origine d’au moins 13 morts d’enfants ou d’adolescents en 2009. Peut-être 14, par une tragique coïncidence au moment-même où se tenait un colloque international sur le sujet, à Paris, au ministère de la Santé… Un adolescent de 13 ans a en effet été découvert pendu, chez lui, jeudi dans l’Isère.
Tout peut commencer en primaire, à la récré. Hyperventilation, cessation de la respiration… devenir une “tomate“. Pousser la perte de contrôle jusqu’à l’état semi-comateux, l’évanouissement, pire… Avec dans tous les cas des risques croissant de séquelles, le cerveau n’étant plus oxygéné (voir ceci).
Le principe étant d’approcher la syncope, la perte de conscience… l‘inéluctable menace, fatalement. La semi-strangulation devient strangulation. Le lien (foulard, ceinture, ficelle) n’est pas retiré, ne peut plus l’être. Sans une intervention tierce, c’est la mort.
Un jeu d’autant plus dangereux qu’il y a de véritables “accros” à la pratique qui, eux-mêmes, la diffusent et la minimisent (certains psychiatres considèrent qu’il s’agit bien d’une addiction). Entre blogs, vidéos, et communications informelles, Internet, évidemment, se révèle ici à nouveau un véritable pousse-au-crime, en toute impunité.
Savoir en parler…
et savoir dire “NON“
Il faut regarder les choses en face et accroître encore la sensibilisation de parents qui croient souvent que les jeux de “foulard” sont seulement le fait d’enfants dépressifs, psychotiques ou turbulents. Ce n’est pas le cas (voir cette intervention). De même, exceptées les traces au cou, les signes qui trahissent la pratique ne sont pas forcément faciles à déceler: yeux injectés, joues rouges, maux de tête violents, acouphènes (bourdonnements) ou douleurs d’oreilles.
Interviewée par TF1/LCI, la vice-présidente de l’Apeas (association des parents d’enfants accidentés par strangulation) engage les parents à prendre conscience du danger, à l’évoquer avec leurs enfants, à leur apprendre à dire “non”, et à les sensibiliser le plus tôt possible: “au même titre qu’on leur dit très tôt “Vous ne mettez pas de sacs sur la tête” ou “Tu traverses la rue sur le passage clouté pour pas être écrasé”.
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1,5 million de personnes (4% de la population) aurait pratiqué peu ou prou le jeu du foulard en France, selon une enquête Ipsos de 2007 que rappelle Le Point. A l’époque, TF1/LCI précisait: “6% disent avoir joué à ce jeu à moins de 5 ans, 29% entre 6 et 10 ans, 48% entre 10 et 14 ans et 28% à 15 ans et plus“. A savoir: les 13 (ou 14) morts comptabilisées en 2009 ne prennent pas en compte les décès classés à tort comme des accidents domestiques ou des suicides.
D.B.
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Association de parents d’enfants accidentés par strangulation (Apeas): www.jeudufoulard.com avec des résumés d’interventions lors du colloque - ainsi celle d’un médecin urgentiste sur les risques
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Sur le Parisien, “Jeu du foulard, ouvrons les yeux” et sur Le Point, “Jeu du foulard, un “rêve magique” qui peut tuer”
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Le clip vidéo “arrêtons ce désastre” - ci dessous - ou sur Dailymotion






