FAI : Libération veut sa licence globale pour l’info quotidienne
Taxer les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), donc les Internautes, pour financer la presse quotidienne ? Libération y travaille et veut regrouper autour de lui tous les éditeurs de presse pour y arriver… C’est Challenges (d’abord ici puis ici) qui a révélé l’info. Cela se fera peut-être. Manière de maintenir différents journaux sous perfusion. Internet a vraiment bon dos. Ironiquement, une (pseudo) licence globale naîtra-t-elle pour les quotidiens papier… avant même de profiter aux artistes du cinéma et de la chanson?
Le raisonnement ? La presse quotidienne est le principal fournisseur d’informations sur le Net ; la consultation des actualités est l’un des usages essentiels du Web ; donc les fournisseurs d’accès doivent rémunérer ces contenus gratuits. Ce qui revient à dire… les Internautes (consommateurs des infos et clients finaux) doivent financer la presse quotidienne. “Les fonds ainsi collectés seraient ensuite répartis entre les rédactions en fonction de la fréquentation du site concerné et de la taille des rédactions“, expliquent nos confrères, écrit Ozap.
Cette fois, ce n’est plus l’ “exception culturelle” qui est appelée à la rescousse… mais une exception démocratique : “Il s’agit de rectifier les flux d’argent actuels au profit des rédactions, qui sont les auxiliaires du bon fonctionnement de la démocratie“, soutient Laurent Joffrin, grand patron du quotidien. On ne peut que rester (très) dubitatif. Il y a beaucoup… et tant à dire.
Un média vieillissant
concurrencé par les gratuits
Primo, le Parisien et L’Equipe (même groupe soit dit en passant) tout comme La Croix ne sont pas déficitaires, rappelle tout de même Challenges.
Secundo, la presse quotidienne va mal pour toute une série de raisons qui n’ont rien à voir avec Internet (c’est encore plus fragrant que pour le marché des CD et DVD dont tout simplement les gens ne veulent plus… et encore moins au prix proposé). Elle va mal, par exemple, parce qu’elle est concurrencée par la presse gratuite dans tous les grands centres urbains.
Cela fait plus de 20 ans que la presse quotidienne bat de l’aile. Cela a commencé avant Internet. Le tout est lié à un lectorat vieillissant et non renouvelé : la presse quotidienne perd des lecteurs (ils meurent tout simplement) et n’en trouve pas d’autres ; les jeunes générations s’y intéressent beaucoup moins. C’est une affaire de générations bien connue, spécifique aux quotidiens (Il n’y a pas que l’Europe qui soit une “histoire de vieux“, comme le dit un éminent analyste sur Libération).
Le marché des hebdos et des magazines lui se porte bien. Question d’obsolescence du journal quotidien. Ponctuellement, s’y rajoute la crise, au risque du “coup de grâce” : les annonceurs s’en vont (et souvent sur Internet). Voila tout.
26% de chiffre d’affaires
perdu… et la crise par dessus
Internet a décidément bon dos. Pourquoi les Fournisseurs d’accès ne soutiendraient-ils pas non plus le marché automobile (ou le prix du lait ?)… sous prétexte que le Web démultiplie l’information comparative, les offres à prix cassés, et pourrait même un jour (ô scandale) développer de vrais lobbies de consommateurs ?
Concernant la presse et Internet, il y a eu plus de 15 ans d’adaptation pour inventer, développer, viabiliser des formules fonctionnant avec Internet. Internet n’est plus une nouveauté même s’il s’invente sans cesse. La montée en puissance n’a jamais été une surprise.
“Le problème, c’est que le chiffre d’affaires de la presse quotidienne a perdu 26% entre 2000 et 2007,” explique la co-présidente du directoire de Libération, Nathalie Collin. Certes, et après? C’est le problème de la presse quotidienne, pas plus, pas moins. Et que, signifié cet entre parenthèses : les Internautes “ne paieraient pas plus cher” ? On rêve !
Il y a clairement une jalousie par rapport au chiffre d’affaires des Télécoms dans leur ensemble… mais il y a aussi, et là on parle spécifiquement d’Internet, une incapacité française à se développer véritablement par rapport aux Américains, même sur les contenus - la preuve et sur le journal lui-même en 2007.
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Internet, comme son nom l’indique, est une interconnexion de réseaux, de médias, et c’est à leur jonction que se font les développements… pas dans le seul maintien des formes anciennes.
Une vache à lait
dans un tunnel!
Le seul point amusant, c’est que Libération soutient au final une forme de “licence globale“ pour la presse écrite et entend faire du lobbying… auprès de journaux quotidiens qui massivement ont évacué ce principe pendant la polémique sur Hadopi.
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A tel point que le schisme est devenu flagrant entre la presse Internet proprement dit (soutenant la licence globale) et la presse papier retranscrite en Web (qui, il faut le dire comme c’est, regarde de haut les Internautes : forte de son prestige, de ses dossiers de presse, et de ses interlocuteurs institutionnels… au risque de ne pas voir une « vache à lait » dans un tunnel, cette fois-ci ?)
Numérama en tous cas explique bravement en quoi le terme “licence globale” ne serait pas très pertinent en l’occurrence. Trois raisons essentielles : pas de contrepartie réelle nouvelle aux Internautes ; un corporatisme bien ordonné pour les bénéficiaires ; un raisonnement protectionniste pour les “majors” et pas de soutien à l’originalité, la créativité, l’indépendance.
“On aura tout vu!” commente Satmag qui revient sur la réunion secrète (mentionnée à nouveau par Le Monde) fin mai des éditeurs de presse américains à Chicago afin de faire payer les contenus en ligne “si ce n’est pas considéré comme une entente entre concurrents, on se demande ce que c’est“. L’article évoque aussi la solution du Monde (dont les activités Web sont bénéficiaires) à 6€ par mois, incluant consultation des archives, téléchargement en HTML et moindre publicité. Et celle de la Tribune: une diffusion à perte heureusement compensée par une aide opportune au portage à domicile.
D.B.
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Restent tout de même deux questions… la (grande) question de la “démocratie” (un débat de fond) et la (plus modeste) question de la “qualité journalistique”. Oui, Libération est un bon journal. Mais il y en a d’autres. Oui, tout journal concourt (a priori) à la démocratie. Libération, évidemment, aussi. Oui même, l’on peut penser énormément de bien de « Libé » et avoir un attachement affectif à ce journal (c’est le cas du rédacteur de cet article !) mais les journaux ne sont pas éternels comme le rappellent La Gazette de Théophraste Renaudot, l’Aurore, Combat, Le Matin… Cela n’a pas commencé avec Internet. Internet ne tue pas les journaux quotidiens mais leur donne une chance justement. Et les maladies de la presse, dans son ensemble (et quotidienne exemplairement) sont bien plus profondes que la simple consultation en ligne de quelques articles. On y revient prochainement, avec bien des liens sur Libération!
A lire sur le Bloob
Hadopi creuse les écarts
* * *
… Et si vous visitiez le BLOOB ?
- des articles de fond avec vidéo
- des sujets magazine
- des actus quotidiennes
- et… la revue de presse!
Bon! … un rapide coup d’oeil en Une ?









7 juin, 2009 à 12 h 00 min
Ces blaireaux n’ont qu’a savoir rentabiliser leurs sites web, pas question que les FAI payent leur mauvaise gestion !!
7 juin, 2009 à 13 h 30 min
Sauf que la version en ligne d’un media est encore pire que la version papier. Et encore, pour Liberation, je pese mes mots. Si liberation revient a sa qualite d’epoque et effectivement ameliore sa version web, pourquoi pas.
Mais pour l’instant, cette pseudo license globale n’est ni plus ni moins qu’un moyen d’augmenter ses revenus tout en continuant vers la mediocrite. Ah si ils passaient autant de temps a paufiner leurs articles qu’a monter ce genre de dossier.
7 juin, 2009 à 13 h 33 min
Rien à ajouter. Cette proposition est totalement riduicule. Ceci revient à sbubventionner les journaux quelque soit la qualité du contenu. Formidable !
Il faudrait surtout que les journaux se posent la question de l’adéquation du contenu avec les attentes des lecteurs. Et que cesse la bête reprise de dépêches AFP… Je ne parle pas du prix très élevé des journaux lié à l’influence du syndicat du livre…
7 juin, 2009 à 14 h 12 min
Autrement dit, Laurent JOFFRIN propose d’instaurer une redevance pour la presse au nom de la démocratie. Quelle prétention !!
J’appelle cela de la dictature ou du racket.
J’ai déjà supprimé mon téléviseur pour ne pas avoir à financer des programmes publiques largement influencés par le pouvoir politique en place. (Journaux télévisés, émissions politiques, Arlette Chabot, …)
En plus, il n’ y a pas de raisons que je contribue à payer les salaires mirobolants des animateurs producteurs types Delarue, Arthur, pour des émissions que je considère nulles.
Cette taxe était utile à une époque où l’Etat se devait d’aider à développer ce nouveau média et où le consommateur n’avait pas d’autre choix que les chaines publiques.
Aujourd’hui, nous devrions avoir le choix de payer ce que l’on veut regarder, et ce raisonnement est valable pour les chaines publiques.
Pour en revenir au sujet, personne n’oblige les quotidiens à diffuser gratuitement leur presse sur Internet, il suffit de rendre l’accès payant.
Si la génération de lecteurs ne se renouvelle pas, ou si certains lecteurs (comme moi) ont cessé d’acheter Lbération ou Le monde, c’est avant tout qu’ils on en marre de la pensée unique et la ligne éditoriale idéologique qu’ils suivent.
Il est vrai qu’Internet permet d’accéder à beuacoup plus de sources d’informations, de consulter la presse étrangère, et d’éviter le lavage de cerveau.
M.JOFFRIN,posez vous les bonnes question au lieu de recourir à de sméthodes staliniennes.
7 juin, 2009 à 14 h 49 min
On devrait taxer Internet pour financer le RSA et les mouveaux entrepreneurs .
En faisant payer les internautes on pourra financer les entreprises à ne rien faire ni rien produire et à les subventionner entierement.
On pourrait payer egalement les jeunes dans les banlieues pour eviter qu’ils aient recours a l’economie paralelle en vendant de la drogue ou des mobylettes et des velos volés.
On pourrait donner aussi un peu plus aux retraités et augmenter le pouvoir d’achat du President de la Republique et de sa pauvre epouse.
7 juin, 2009 à 15 h 26 min
C’est vraiment une idée grotesque. S’il libération n’arrive pas à créer un site web et gagner de l’argent avec, alors qu’il le ferme.
A vrai dire, si plusieurs site d’infos partent de la toile, ça ne se remarquera pas vraiment…