Espérance de vie, l’avantage féminin se réduit
La “Santé des femmes” a été auscultée statistiquement. Roselyne Bachelot en a présenté les enseignements, annonçant par l’occasion que les pilules contraceptives de troisième génération, moins dosées en oestrogènes, devraient commencer à être remboursées à l’automne. Mais cette information importante (lesdites pilules représentent 50% des ventes) masque d’inquiétantes évolutions.
Les femmes fument plus et boivent plus d’alcool. En 15 ans, notamment, le taux de cancers du poumon chez les femmes a doublé. Résultat d’un point de vue démographique, une contradiction entre l’espérance de vie totale et “l’espérance de vie en bonne santé à la naissance“.
Du point de vue du premier critère, les femmes françaises mènent toujours la danse avec 84,4 ans, contre 77,5 pour les hommes… mais l’écart se resserre sur le second critère, 64,1 ans chez les femmes contre 62,7 ans chez les hommes.
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Point curieux d’ailleurs, cet aspect rapporté par France-Soir est à peine évoqué dans le débat sur la retraite… à 67 ans.
Ces éléments, parmi d’autres, ont été présentés par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, lors de la présentation d’un rapport “Santé des femmes” de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).
L’écart homme/femme
se réduit depuis 20 ans
“Depuis deux décennies,” l’avantage des femmes “commence à se réduire“, lit-on dans le rapport qui note que les femmes “se perçoivent en moins bonne santé” que les hommes, consomment plus de médicaments et de soins (y compris à l’hôpital, mais c’est “à rapporter aux grossesses“) et qu’elles renoncent plus aux soins (16,5 %) que les hommes (11,7 %) “malgré la mise en place de la couverture maladie universelle“.
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En particulier, relève Femme Actuelle, “à situation conjugale et professionnelle identique, les femmes risquent plus de vivre un épisode dépressif que les hommes. Et elles ont du mal à aller consulter un professionnel car trois femmes sur quatre dépressives n’ont aucun recours à des soins spécifiques“.
Puis apparaît le domaine de la mortalité prématurée “évitable” qui pèse pour un quart de la mortalité avant 65 ans. Tabagisme et alcoolisme sont pointés du doigt: cancers du poumons doublés en quinze ans, mais aussi consommation quotidienne d’alcool pour 8% des femmes tous âges confondus et ivresses “au cours de l’année écoulée” en progression chez les jeunes: “près d’une jeune femme sur cinq entre 15 et 25 ans“.
D’un point de vue global, “les maladies cardiovasculaires constituent toujours la première cause de mortalité chez les femmes avec comme facteurs de risque majeurs l’hypertension artérielle, les dyslipidémies, le diabète, l’obésité et la sédentarité.”
Un site Internet
et une brochure
L’étude retient notamment les proportions suivantes : “deux femmes sur cinq sont en surcharge pondérale ; près d’une sur cinq présente une obésité”; “une femme sur quatre est concernée par l’hypertension artérielle”; “moins de 40% des femmes pratiquent une activité physique considérée comme «favorable à la sant黓.
Un site Internet dédié à la prévention santé féminine devait voir prochainement le jour, dans le cadre de refonte du site www.inpes.sante.fr. Il développera les thématiques de la contraception, de la maternité, du tabac… Il se doublera d’une brochure sur les périodes clés de la vie féminine (puberté, grossesse, ménopause…)
D.B.
Zoom, sur Le Monde “Les contraceptifs oraux bientôt mieux remboursés“
- Sur Santé Log “Santé des femmes en France : Contraception, prévention et…perte de poids” ou une synthèse par Associated Press sur le site du Nouvel Obs
- L’annonce d’un chat entre Roselyne Bachelot et les internautes, mercredi prochain (le 24), sur Au Féminin et le communiqué de presse du rapport (en pdf) avec une coquille sans doute: “les femmes cadres ont une espérance de vie à 35 ans plus élevée que celle des femmes ouvrières” (ce doit être 3,5).






