Epidémie et malbouffe
Au programme, le forum de La Recherche de ce lundi 23 sur l’épidémie planétaire d’obésité… une présentation des “pro-malbouffe” (si, si! ils existent)… une présentation de livre sur les mutations de la santé et un lot hebdomadaire d’études… discutables!

« Faut-il faire maigrir la planète ? » Le Forum organisé par La Recherche avec le professeur Arnaud Basdevant, Chef du service de nutrition à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) a bien eu lieu lundi. La discussion est en ligne et attend des commentaires. L’obésité est-elle une maladie ? Depuis quand la considère-t-on telle ? Quelles en sont les critères de définition ? L’échange avec les internautes fait également le point sur la recherche en matière de leptine et grhéline, évoque Alli (le médicament au coeur de la polémique), la piste de la flore digestive…
Quelques extraits.
Sur l’épidémie planétaire
« Il ne s’agit pas d’une épidémie au sens infectieux, au sens de contagiosité mais en terme de développement épidémiologique (…/…) on constate que les pays qui connaissent la plus grande progression d’obésité sont ceux qui connaissent une transition économique, donc nutritionnelle comme la Chine, le Mexique, le Brésil et les pays émergents. Même les pays africains sont concernés. Actuellement le taux de progression de l’obésité est trois fois supérieur au Mexique par rapport à celui des Etats-Unis. »
(Voir à ce sujet la revue de presse annonçant le Forum - nombreux liens)
Sur la cause génétique
« Cette prédisposition est dite polygénique, c’est-à-dire qu’interviennent un ensemble de modifications de différents gènes qui, isolément n’auraient guère d’effet, mais ensemble favorisent la prise de poids. » (…/…) « Il y a très peu de gènes dont on puisse dire qu’ils interviennent dans un pourcentage important de cas. Pour l’instant seuls les gènes qui affectent le système MC4R, c’est-à-dire le système des mélanocortines (système impliqué au niveau de l’hypothalamus dans l’intégration du message de l’hormone leptine) semblent jouer un rôle dans un pourcentage significatif de cas (2.5%) » « (…/…) seuls les rarissimes cas d’obésités monogéniques pourront un jour peut être faire l’objet d’une thérapie génique. »
EN BREF
- LES PROS-MALBOUFFE
Article à découvrir sur le blog €cotidien (le E est bien comme un euro : €) : les « pro-malbouffe », ces amoureux voire militants du fast-food, des frites et des glaces, grands défenseurs du kebab-frites, éventuellement allégé, ou de McDo, qui « se sentent persécutés par la bienséance et la diététique ».
Myburger.fr se revendique carrément comme« le webzine de la malbouffe »… n’hésitant pas « à tester et noter les hamburgers à la façon d’un guide Michelin. »
Marlène Schiappa, la rédactrice chic et choc des lieux relève qu’il y a ici du premier et du deuxième degré. Au premier? Certainement ces arguments : la facilité (« Plus de courses, plus de cuisine, plus de vaisselle à faire ! ») et le pouvoir d’achat (les économies relatives entre produits frais et nourriture préparée - pizza surgelée inclue)
Au deuxième degré? Sans doute, les bisbilles entre sites se renvoyant la balle au titre d’un moins-mal équilibré… mais aussi les recettes-maison (voir par exemple, celle de Gropapa, sa 18ème précisément… au résultat « en demi-teinte »).
Au fil de l’article, une diététicienne nutritionniste fait contrepoids et la rédactrice y va d’une petite touche finale : « non, la feuille de salade du Big Mac et le trio salade-tomate-oignons d’un sandwich Kebab ne comptent par pour une part de fruits-et-légumes… » La bande-son : ici.
… Ah, en passant, cet article du Devoir (Canada), déjà vieux de trois semaines, mais intéressant par convergence : « La récession fait planer le spectre de l’obésité ». Il semble bien que la crise, traduite en pouvoir d’achat, favorise dès à présent une recrudescence de malbouffe outre-Atlantique.
… Et cet autre de Boursorama, plus récent : « Les prix baissent légèrement en janvier… sauf l’alimentation ! » Enfin, cette discussion sur les prix qui elle vient de tomber ! Vue par le Figaro, ou le JDD, ou Challenges.
- ROSELYNE BACHELOT : MINISTRE BRANCARDIERE
C’est le titre rentre-dedans choisi par Guillaume Malaurie sur le blog Planete pour présenter le livre d’André Cicolella « Le Défi des épidémies modernes, le poids des ALD (affections longue durée) et des « maladies chroniques évitables » dans la santé publique, et relier le tout à « la grande transformation de modes de vie, de notre alimentation (…et au…) bombardement de nouvelles molécules chimiques à hue et à dia. » Suit un « on attendrait du ministre que… » Avec ce petit souci, si les causes et les racines sont à ce point globale… c’est un ministère planétaire qu’il va falloir.
- ET DES ETUDES… PAS TERMINEES
Pour finir, le lot d’études discutables et à sensations du moment : Internet rendrait violent (voir dépressif en ce qui concerne Facebook et les filles ) et les chansons à texte explicite débrideraient la sexualité. Reste à départir les causes des effets.






