Environnement et cancer : l’Afsset opte pour le principe de précaution
Selon l’Afsset “la part de l’environnement est substantielle dans la genèse des cancers” ; il n’est plus possible de “faire l’impasse” sur des risques encore débattus; et l’approche de prévention doit désormais se doubler d’une approche de précaution.
Cet avis fait suite non seulement au rapport de 900 pages, publié en octobre 2008, par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), mais aussi à une vaste consultation ouverte pour la première fois à la société civile (”17 organismes scientifiques; 21 personnalités de la science, des mondes professionnels, des associations et du monde judiciaire, des sciences socio-économiques et des lanceurs d’alerte“).
L”Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) évoque un “poids majeur” de l’environnement et demande “un changement de paradigme“, c’est-à-dire une approche nouvelle. Trois grands axes sont ainsi proposés: réduire la pollution des particules fines; poursuivre la substitution ou la suppression des agents cancérogènes connus; et surtout développer le principe de précaution en inversant la charge de la preuve… l’inocuité serait à prouver par les industriels plutôt que la nocivité par la société.
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L’Afsset a particulièrement attiré l’attention sur le dichlorométhane (utilisé à raison de 11.000 tonnes annuelles en France), classé en catégorie 3 par manque de données suffisantes “mais qui n’est pas indemne de tout soupçon sur l’animal“.
La “logique de précaution” s’impose, comme le souligne Le Monde, qui attire l’attention en fin d’article sur une discipline nouvelle à développer: l’ “expologie“, étude des expositions à de faibles doses et à des âges sensibles de la vie, particulièrement sur de longues durées.
Sciences sociales et économiques sont désormais convoquées également aux côtés de l’épidémiologie et de la toxicologie pour essayer de mieux cerner la problématique des multi-expositions à des facteurs de risques CMR (C pour cancérogènes, M pour mutagènes, R pour altérant la reproduction). Un site est enfin créé pour favoriser auprès des industriels la diffusion de toutes les expériences réussies de substitution www.substitution-cmr.fr.
Selon Sud-Ouest, cet avis constitue un “cinglant démenti“ pour l’Académie de médecine qui jugeait en 2007 que les craintes sur le rôle de la pollution et de l’environnement “n’apparaissent pas comme justifiées“, et plaidait essentiellement pour une meilleure hygiène de vie.
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Les substances CMR sont classifiées en trois catégories par l’Europe, selon une gradation: dangers connus; fortes présomptions; puis enfin “substances et préparations préoccupantes” mais pour lesquelles “les informations disponibles sont insuffisantes“. Une nouvelle classification interviendra à partir du 20 janvier prochain, reprenant ces catégories sous les libellés 1A, 1B et 2. Il existe d’autres classifications, ainsi celle du CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) en cinq catégories : certitude, probabilité, possibilité, non-classifiable, et probablement non cancérogène.
D.B.
A lire sur Metro France : “Cancers et environnement: l’Afsset rend son avis“
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