“Drogues, ne fermons pas les yeux”, une campagne contre la banalisation
“Drogues: ne fermons pas les yeux“. La nouvelle campagne gouvernementale de lutte contre la toxicomanie fait le constat amer de la banalisation des drogues -en particulier du cannabis, de la cocaïne et de l’ecstazy - mais refuse de baisser la garde.
Conçue en trois temps, cette campagne s’adressera notamment aux jeunes et aux parents, et devrait rappeler la pénalisation de l’usage de stupéfiants. Ceci pour revenir à un point fondamental oublié: leur caractère illégal. Un quizz multimédia et trois clips efficaces complètent d’ores et déjà le dispositif sur Internet.
“Drogues : ne fermons pas les yeux”. Le ministère de la Santé, la Mildt (mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie), et l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) s’associent pour marteler ce message à destination de trois cibles successives, jusqu’au deuxième semestre 2010.
Tout d’abord, mais plus particulièrement à destination des jeunes, un spot télé de 35 secondes sur la dangerosité des drogues sera diffusé jusqu’au 26 octobre. Le clip, assez réussi, est visible ici. On remarquera avant tout le constat de “banalisation de la drogue“: “elle est là, dans les journaux, au boulot, à l’école… on en plaisante sur les plateaux de télévision… on s’y est habitué… mais ce n’est pas pour autant qu’elle fait moins de ravages.“
Ce sport sera renforcé à partir de samedi 10, par trois spots radio diffusés sur les stations jeunes (à écouter eux ici), et traitant respectivement du cannabis “banalisé” (lui aussi); de la cocaïne qui “fait partie de notre paysage: on a l’impression que tous les people en prennent, que c’est devenu banal“… et de l’ecstazy qui semble également “être une drogue banale“. Difficile d’enfoncer plus le clou de la banalisation.
En parallèle sur Internet
“Guette l’info, traque l’intox“, c’est le titre d’un quizz multimédia lancé en début de mois, sur le site drogues.inpes et vers lequel pointent des bannières. Belle réalisation graphique mais attention, petite erreur de conception: après avoir épuisé les interlocuteurs qui n’ont chacun qu’une question, il faut passer par “carnet de traque” ( cf “traquer” l’intox) pour accéder au niveau suivant (jardin, puis bureau, appart’, club). Sur le fond (au regard justement de la banalisation), on peut douter de l’impact de ce quizz sans doute trop mécanique et prévisible.
Sur le même site (en haut à droite de la page d’accueil), on peut accéder aux trois vidéos “virales” sur le thème “si les dealers disaient enfin la vérité” (visibles aussi à partir de google video): “tu veux de la coke“, “tu veux du shit“, “tu veux de l’ecsta“? Des clips efficaces qui auraient pu passer en TV.
En novembre, une campagne rappelant la loi prendra le relai. Elle pourrait insister sur la pénalisation de l’usage car “une personne sur deux ne saurait pas que les drogues sont illégales“, selon les propos de Roselyne Bachelot rapportés par Comment ça marche Santé. Note: le simple usage de stupéfiants, “même ponctuel“, peut être puni en France “d’un an d’emprisonnement et de 3750 € d’amende” - article L.3421-1 du Code de la Santé Publique, rappelle le ministère de la Justice.
Enfin au deuxième semestre 2010 (septembre), débutera une campagne de prévention à destination des parents qui peuvent aussi consulter cette page (en particulier le fascicule téléchargeable sur le cannabis). La dernière campagne gouvernementale contre la toxicomanie datait de 2005, rappelle l’AFP.
D.B.
- Le quizz “Guette l’info, traque l’intox” sur drogues.inpes et le site drogues.gouv.fr
- Sur le Monde “drogues: le gouvernement met en garde les jeunes”
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Le point sur la consommation de drogues en France par le Ministère de l’Intérieur (voir aussi “les menaces actuelles“)






