Des ados confiants… des parents “no future”?
Même en prenant pour argent comptant, le sondage Ipsos Santé pour la Fondation Wyeth, difficile de ne pas se poser des questions. Des 15-18 ans qui s’entendent bien entre eux, avec leur famille, avec l’école, qui sont majoritairement satisfaits de leur vie et qui pensent réussir mieux que leurs parents, en travaillant dur dans des filières professionnelles. Tout y est… Mais des parents, justement, sur une autre longueur d’onde. Des parents qui n’y croient pas! Et si, simplement, les jeunes positivaient les inquiétudes (ou angoisses) de leurs parents? Des ados, plus responsabilisés dans un contexte lourd, qu’ils ont intériorisé. Fermes, cependant, dans une attente massive de liberté et d’autonomie. Et, bien que la presse l’évoque à peine, mettant classiquement… l’amour au dessus de tout? Un sondage qui en tous cas fait réfléchir.
Un petit coup de soleil sur la planète ado à rebours des idées reçues et du contexte plus que maussade, c’est l’effet du sondage Ipsos santé effectué du 20 au 27 mars auprès de 842 ados de 15 à 18 ans via Internet, pour la Fondation Wyeth. Publié mercredi 13 mai, à l’occasion d’un Forum Adolescences sur « la réussite », il donne une image rassurante, dynamique, et peut-être même heureuse des jeunes.
Evacuons tout de suite les deux réserves que pose le Monde : 12 % des jeunes “seulement” sont tout à fait convaincus qu’ils réussiront mieux que leurs parents, et “seulement 27 % considèrent que tout le monde a les mêmes chances de réussite“. Ajoutons maintenant, celle que souligne le Figaro : 32 % des 15-18 ans avouent se sentir «souvent mal dans leur peau».
Génération
“youkaïdi-youkaïda”?
C’est fait! Abordons ensuite les éclairages d’une génération “positive“… dans l’auto-notation pour commencer! Evaluant sur 10 points leur réussite, les sondés s’attribuent une note moyenne de 8,4 dans leurs relations avec leurs amis, de 8,1 avec leur famille, et de 7,8 pour les relations à l’école. Leur bien-être atteint également un 7,5 sur dix. Les trois quarts d’entre eux jugent avoir accompli une chose positive au cours des trois derniers mois, dans leurs relations amicales et un peu plus de la moitié (56%) à l’école… Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
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(Mais avec avec mauvais esprit, on serait tenté de demander : - “Une seule chose positive… pas deux?”)
Le sondage intitulé “Adolescents-adultes: deux regards sur ce que réussir veut dire” montre que “quelque 70% des adolescents se disent satisfaits de leur vie alors que seulement 27% des adultes pensent qu’ils le sont“, résume l’AFP… La Croix enfonce le clou (”Les adolescents sont plus confiants en leur avenir que les adultes“) et souligne cette distorsion de perception chez les adultes :
le “questionnaire croisé ados-adultes, confirme un décalage entre la perception qu’ont les adultes de la jeunesse et la vision plutôt positive que les jeunes ont d’eux-mêmes. Ainsi, 80 % des adultes interrogés pensent que les adolescents se sentent mal dans leur peau et 73 % qu’ils ne sont pas satisfaits de leur vie.” Y aurait-il un bug, quelque part?
La boucle se boucle en tous cas ainsi : pour 87 % des ados, la réussite est liée au travail fourni mais aussi à la confiance en soi. “Plus de 7 ados sur 10 disent être confiants par rapport à leurs capacités personnelles à réussir dans la vie et 60 % croient qu’ils vont réussir mieux que leurs parents,” écrit Le Monde. C’est majoritairement un membre de la famille (56%) qui vaut d’ailleurs pour modèle de réussite. Les personnalités publiques ne jouent ce rôle que pour 23% des jeunes…
Sous les parents…
la plage?
Le Figaro qui titre “Des adolescents raisonnables et optimistes face à la crise“, insiste à son tour sur l’incompréhension entre générations (”44 % des parents imaginent de leur côté que les jeunes comptent avant tout sur la chance“) mais dresse un portrait bien plus doux-amer de la jeunesse que les autres journaux, sans doute avec un peu plus de distance face à la surface des chiffres.
A lire entre les lignes, les “craintes des adultes” les atteignent; ils n’osent plus “évoquer leurs rêves et idéaux“; s’ils croient moins aux études générales et plus aux filières professionnelles, c’est qu’ils se calent sur les modèles de papa et maman “en communion d’idées avec leurs ascendants“… Sans doute, même si ce n’est pas dit dans l’article, pratiquent-ils peu ou prou la méthode Coué, positivant en fait les opinions parentales pour s’en auto-convaincre, les répétant de manière affirmative parce qu’ils s’en sentent responsabilisés?
Au final, un sondage qui éclaire un nouveau malentendu entre générations… mais qui demanderait à être complété et affiné. En particulier au regard de ce que veulent les jeunes selon la même étude. Massivement, tout de même… l’amour (76 %), la liberté (67 %) et l’autonomie (63 %).
D.B.
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Voir également sur le Bloob; les articles : Ecole, stress à domicile et La jeunesse va mal
- Des données statistiques récentes sur la pauvreté d’une grande partie des jeunes, dans cet autre article du Bloob (taux de pauvreté “des enfants et des étudiants vivant chez leurs parents” à respectivement 17,7% et 18,2% ; un cinquième de 18-24 ans sous le seuil de pauvreté)
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