Coupures d’électricité en vue: pourvu que l’hiver soit doux!
Attention, risques de coupures d’électricité cet hiver. Si l’hiver est très froid, 7°C sous les normales saisonnières, il y aura des “délestages“: RTE, filiale d’EdF, confrontée à une production nucléaire en baisse, ne pourra pas compenser par des importations.
C’est le moment de scier du bois… car le gestionnaire table sur un pic minoré par rapport au record de 2009, tandis que le chauffage électrique a toujours le vent en poupe. Bref, la marge de manoeuvre semble bien réduite. Après le réchauffement climatique, le… refroidissement durable?
Quand “homme blanc scier bois, hiver rigoureux” enseigne la sagesse séculaire (et les blagues de comptoir). Avec pour seule exception reconnue, Charles Ingalls de la Petite maison dans la prairie qui fend du bois de toutes façons, quelque soit l’épisode (pastiche ici ou ici… en vidéo).
Variante de l’hiver 2009/2010, l’hiver français “serait” rigoureux… puisque la capacité de production électrique française est en baisse et le risque de coupure probable. Croisons les doigts. RTE, la filiale d’EdF qui gère le réseau, a annoncé une disponibilité prévisionnelle “en très net retrait” de novembre à janvier. Il y aurait effectivement un risque de rupture ou “délestage” (…en clair de coupures!) entre novembre et janvier.
Risque “modéré” ou minoré?
Dernier record de consommation électrique française… le 7 janvier dernier, avec 92.400 MW en raison d’un déficit de 7°C, justement, par rapport à la normale (Le Point). A comparer aux pointes estimées sur lesquelles tablent RTE: “83.500 MW la première semaine de janvier” - voir communiqué.
Et par ailleurs, petit calcul: les 4.000 MW pour lesquels RTE a pris ses dispositions (achats en gros, réserve hydraulique, marge de manoeuvre auprès de clients) correspondent seulement à deux degrés et demi de froid supplémentaire durable… selon un article du Figaro de 2007: chaque degré de température perdu se traduirait pour la France, pays hyper-sensible “électriquement” par un bond de consommation de 1.700 mégawatts. Ensuite, les coupures intervenant à 9.000 MW manquant, “capacité maximale” d’importation de la France (Le Figaro à nouveau) cela ne ferait également que 5,5°C de déficit par rapport à la normale saisonnière… pas 7, ni 8.
Trois petits conseils
- Thermostat: le pic ayant lieu à 19h00, quand les Français de retour du travail allument les convecteurs… l’usage d’un thermostat est bienvenu (toujours ça de pris, et vertueusement).
- Sécurité: si vous compensez une coupure ou soulagez le réseau avec un chauffage d’appoint à combustion (pétrole, charbon… mais aussi cheminée), équipez-vous d’un détecteur de monoxyde de carbone, faîtes ramoner le conduit etc.
- Perspectives : intéressez-vous aux habitations passives (wikipédia ou ekopédia), non seulement c’est l’avenir, et l’un des plus gros secteurs d’embauche des années à venir… mais c’est bien plus confortable et économique, en été également!
La France, victime du “chauffage centrales”… (nucléaires)
Le réseau nucléaire (qui fournit 80% de l’électricité française) n’offrirait actuellement que 70% de ses capacités, selon un calcul de l’agence Reuters, repris par exemple par Le Point. Au choix, explication par la poule ou par l’oeuf: l’impact de grèves cet été et les opérations de maintenance différées … ou, alternativement, le recours accrû à la sous-traitance, donc la multiplication des pannes, donc… Europe1 comptabilise en tous cas une quinzaine de réacteurs nucléaires sur 58 “à l’arrêt vendredi pour maintenance, pour rechargement en uranium, ou pour avanies diverses, selon une source proche du dossier“.
Ce manque n’est pas compensable par les autres sources, ni celles qui sont véritablement vertes (comme l’hydraulique, l’éolien et le solaire - un peu moins performant en hiver… et la nuit d’une manière générale!) ou un rien à effet de serre (centrales thermiques par énergies fossiles). Reste la possibilité d’importer… et au pire, de couper (l’électricité côté EdF/RTE… du bois, côté Charles Ingalls). Couic! C’est bien ce qui se produira au seuil des -7°C, car “avec des températures de 7 à 8 °C durablement sous les normales saisonnières, le niveau d’importation pourrait atteindre la limite technique acceptable par le réseau français“.
Le fond du problème? En France, 30% du chauffage se fait à l’électricité en raison des faibles coûts d’équipement (et suite à de longues campagnes préconisatrices…) Ce mode de chauffage ne pesait que 2% il y a 30 ans, rappelle France2. Avec des consommations en hausse perpétuelle (0,8 à 0,9% par an en moyenne -voir Actu Environnement- ce qui relève d’autant d’ailleurs les pics probables pour l’hiver 2009/2010…), tôt ou tard la question du chauffage électrique devra être affrontée.
D.B.
- Le communique de RTE (en pdf)
- Sur le Figaro, en 2007, “dans les coulisses d’un pic de consommation”
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Sur le Blog “Six pieds sur Terre“ une dénonciation de la climatisation, sujet tabou… Elle suscite également des pics de consommations (moindres) et des importations. Pour ce blog de Libération, elle est une “plaie polluante“, voire quand elle est mal employée, un “crime environnemental“.







1 novembre, 2009 à 13 h 31 min
EDF vend a prix trop bas l’électricité vers l’Allemagne.
Pendant ce temps, Siemens copie la technologie d’Areva et vend des centrales, double profit !
Et Merkel ne va jamais abandonner le nucléaire, au contraire, elle va faire construire des centrales en Allemagne qui sera indépendante.