Check-list orale obligatoire dans les blocs chirurgicaux dès 2010
Vérifier le nom du patient avant qu’il ne soit endormi. Vérifier quel est l’organe opéré, le type d’opération, et si le matériel est-il bien en place. Comptabiliser ensuite tout ce qui a été utilisé (aiguilles, compresses…) S’assurer du bon étiquetage des prélèvements et de la réalisation des prescriptions postopératoires. C’est toute une check-list en dix points, jusqu’aux allergies connues, que la Haute Autorité de Santé (HAS) vient de rendre obligatoire au bloc chirurgical à partir du 1er janvier prochain. Objectif réduire autant que possible les 60 à 95 000 “événements indésirables“ graves qui y surviennent chaque année parmi les plus de 6 millions d’interventions chirurgicales.
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“Cette procédure de validation à voix haute se rapproche de celle de la sécurité aérienne,” commente Europe1. Et il est difficile de ne pas penser effectivement à ce récent best-seller américain “Why hospitals should fly” (”pourquoi les hôpitaux devraient voler”) de John Nance, au centre ici d’un talk-show (en anglais bien sûr), sur ABC qui se situe dans les mêmes problématiques de standardisation des procédures, communication, vérification. Conclusion de l’auteur qui dresse un tableau alarmant pour les Etats-Unis : “great people, terrible system” (des gens formidables, un système effrayant”). Dans l’émission, une femme opérée pour une autre d’une double mastectomie témoigne. Un cas comparable à celui, en France, d’une ablation de rein par erreur, conduisant la patiente à attendre une nouvelle greffe (sur Libération).
La procédure de sécurité a été adaptée par des chirurgiens, des anesthésistes, et des infirmières de bloc, à partir du modèle proposé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les associations de patients (LIEN, membre du CISS) ont été associées à ce travail, précise Santé Log qui rappelle que début 2009, une étude de l’OMS démontrait qu’une liste de contrôle pour les interventions majeures permettait de réduire d’un tiers les décès et complications chirurgicales.
En 2007, la Haute Autorité de Santé organisait une table-ronde sur ce sujet délicat “Quelles informations médicales donner en cas d’événements indésirables?” afin de promouvoir une “culture de la responsabilité partagée et durable“. Une patient s’y exprimait (ici en pdf): “Je reconnais évidemment aux établissements médicaux le droit à l’événement indésirable, mais non celui de dissimuler. Je ne recherche donc pas le risque zéro, mais le mépris zéro. J’en appelle donc à davantage de transparence, de pédagogie, d’humanisation et de dialogue.” Selon le même document, les “événements indésirables” regroupent infections nosocomiales, complications des manoeuvres exploratrices, effets indésirables des médicaments et enfin, erreurs médicales, en particulier celles “lourdes de conséquences et sans rattrapage possible” auxquelles “chirurgiens et réanimateurs sont régulièrement confrontés“.
D.B.
- A voir sur Santé Log “La check-list devient obligatoire au bloc“
- A voir sur Destination Santé “Erreurs en chirurgie : la « check-list » de l’OMS porte ses fruits“






