Obésité, oui… ils peuvent!
Le “Yes, We Can“, emprunté partiellement par Obama… à la lutte contre l’Obésité infantile (éh oui!) se vérifie : les taux d’obésité chez les jeunes Américains semblent se stabiliser.
“Yes- we can!“… Le slogan leitmotiv d’Obama est devenu mondial. Mais la Wikipedia, aussi bien anglophone, que francophone… ne le relie qu’au slogan historique de candidature en 2008 et à la chanson qui a suivi. Plus profondément, et c’est rarement souligné, “We can!” (nous pouvons) provient de la campagne contre l’obésité infantile de l’Institut national de la santé américain… en 2005 (lien en anglais - comme beaucoup dans cet article).
Y aurait-il une gêne à le rappeler… ou seulement l’envisager? Il est vrai que le thème a soudainement fait l’objet d’une parenthèse dans la campagne d’Obama. Il y a même eu semble-t-il, aux heures critiques, quelques hésitations sur la communication d’un candidat “très impliqué” - lire ainsi Advertising Age de l’époque qui notait l‘inflexion électoraliste “adoucie” du candidat Obama sur l’obésité (en anglais, toujours), optant pour une nouvelle approche évitant en particulier de mentionner toute lutte frontale contre la “junk food” (malbouffe). Les rédacteurs de la plate-forme électorale démocrate semblaient bien gênés aux entournures…
Stabilisation des chiffres pour les jeunes
La crise occupant ensuite tout le devant de la scène, la relation entre le “Oui, nous pouvons” (en sortir) … et l’obésité est passée à la trappe. Enfin, presque, elle réapparaît incidemment… puisque le docteur Charles Dietz, directeur du service nutrition aux Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC), vient d’expliquer, fin mars, qu’entre 2000 et 2006, il n’y a ni augmention, ni diminution de l’obésité dans la tranche d’âge de 2 à 19 ans : « le taux d’obésité dans ce groupe de la population semble s’être stabilisé ». Bonne nouvelle, après deux décennies durant lesquelles l’augmentation ne semblait pas avoir de fin.
==> Ces vingt dernières années, l’obésité a explosé dans la jeunesse américaine. Le taux d’obèses parmi les 2-19 ans est ainsi passé ainsi de 5% entre 1976 et 1980 à 16,6% au début des années 2000. Dans le même temps, l’obésité des 2 à 5 ans avait doublé, bondissant de 5% à 12,4% de la tranche d’âge. Pour les adolescents en particulier (12 à 19 ans - les teen-agers), le taux d’obésité avait triplé… passant de 5% en 1980 à 17,6% en 2006.
Toutefois, a ajouté l’expert devant la sous-commission de l’Agriculture de la Chambre des représentants « nous ne pouvons relâcher nos efforts alors que 16% de nos jeunes restent obèses et que nous ne sommes pas parvenus à faire baisser ce chiffre ». L’expert a indiqué également que « 11,3% de tous les jeunes (2 à 19 ans) sont considérés comme extrêmement obèses », soulignant que les jeunes constituent désormais près de 50% des nouveaux cas de diabète adulte ou de type 2, pathologie inexistante il y a dix ans dans cette classe d’âge aux Etats-Unis. Alors, un palier, un replat, l’amorce d’une chute ? Trop tôt pour le dire. En tous cas, discrètement, le “Yes, we can” politique… laisse ré-emerger le “We can” anti-obésité.
De nouveaux fronts : agriculture et aide alimentaire
Ainsi : presque simultanément, le président de l’Association américaine de diététique, la plus grande association de professionnels de la nutrition et de l’alimentation des Etats-Unis, a pris la parole devant un comité spécialisé du Congrès en demandant instamment que le Département de l’agriculture s’investisse dans « la recherche, l’éducation nutritionnelle et la labellisation, et la nutrition infantile » et « reconnaisse l’impératif national de l’obésité ».
Une information relayée par Fox News, significativement… dans ses pages business (pour ses incidences possibles sur un secteur économique qui ne verra pas d’un bon oeil l’ouverture de ce nouveau front - toujours, en anglais).
Ainsi encore et parallèlement, l’administration Obama pourrait se préparer à sortir du bois, pour concilier la nutrition avec les programmes d’aide alimentaire (en anglais encore) : “pendant des années,” écrit le Washington Post, “le gouvernement avait traité la faim et l’obésité, comme des phénomènes sans relation“… Un article de fond très intéressant et qui peut avoir des échos dans d’autres contextes (problèmes d’accès financier aux fruits et légumes, choix préférentiel des pauvres pour une alimentation riche en calorie et immédiatement disponible, la difficulté d’établir quels aliments sont sains : “Est-ce que le Diet Coke passerait le test?“)
Société civile en tête
Pendant ce temps, “We can!” proprement dit continue. Ce grand programme de l”Instut national de la santé contre l’obésité infantile vient ainsi de signer un partenariat avec les restaurants Subway, qui représentent plus de 22.000 établissements aux Etats-Unis. Et les Américains , toujours mobilisés, continuent le combat derrière leurs organisations à but non lucratif. Une grande manifestation était ainsi organisée à Brooklyn, samedi 28 mars (en anglais).
D.B.










