Faux médicaments, l’appel de Cotonou
Le trafic de faux médicaments dans les pays en voie de développement est une plaie béante planétaire. L’ancien président de la république Jacques Chirac a lancé le 12 octobre, au Bénin, “l’appel de Cotonou”… Cet appel marque le début d’une campagne de mobilisation de sa propre Fondation et, espérons-le, d’une action planétaire.
Face à ce “scandale“, l’ancien président demande la tenue d’une conférence internationale, dès 2010. Il espère ainsi “aboutir rapidement” à une convention internationale d’interdiction des faux médicaments. Déjà soutenu par les fondations Gates et Clinton, il compte sur la mobilisation des ONG aux côtés de sa propre fondation, et sur une réponse de tous les grands responsables politiques.
Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé et de la FDA , le marché des faux médicaments pèserait 6% à 10% du marché pharmaceutique mondial… 45 milliards d’euros de chiffre d’affaires au bas mot. Son prix humain? 200.000 vies par an (toutes seraient sauvées avec de vrais médicaments).
Ce trafic est florissant dans les pays en voie de développement - l’Afrique étant le continent le plus touché. Il serait en passe de dépasser le trafic de drogue. Un à deux tiers des traitements antipaludéens utilisés en Afrique seraient des faux!
Artisanat et industrie
Extrêmement lucratif (rentabilité atteignant 20.000%), ce commerce criminel serait en augmentation de 95% par rapport à 2005. En amont des petits vendeurs, il s’agit bien de criminalité délibérée non seulement sur les faibles entre les faibles, mais organisée à l’échelle de la planète. A la production artisanale sur place, s’ajoute l’industrie de véritables marchands de mort (on cite particulièrement la Chine, le Pakistan, l’Europe de l’Est…)
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Faux médicaments contre le sida, faux antibiotiques, vaccins qui ne sont que de l’eau distillée… il ne s’agit pas de simples contrefaçons (de “copies” qui seraient équivalentes) mais de “non-médications” voire de poisons: des médicaments soit dépourvus de tout principe actif (farine ou amidon, sucre, plâtre et même ciment); soit sous-dosés; soit encore nocifs ou directement mortels (contenant des drogues dures, de l’antigel…) A savoir: les faux médicaments attaquent aussi le terrain des génériques.
Une action de fond à mener
La convention voulue par Jacques Chirac fournirait une base juridique internationale ouvrant une répression efficace. Mais elle devra être complétée d’actions de formation, d’organes de contrôle et de sécurité… (de lutte contre la corruption, aussi). Il faudra aussi informer et sensibiliser les patients et, plus largement, leur donner les moyens d’accéder financièrement aux vrais médicaments dans un contexte d’appauvrissement et d’augmentation du coût de la vie.
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L’accès aux médicaments de qualité est l’un des quatre axes essentiels de la Fondation Chirac (créée en 2008), aux côtés de l’eau et de l’assainissement, du combat contre la déforestation et la désertification, et de la sauvegarde de la diversité culturelle.
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Huit chefs d’Etat africains, anciens ou en exercice, ainsi que les ministres de la Santé du Chili ou du Laos, se sont joints à l’appel du président Chirac.
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Dans les pays développés, le trafic des faux-médicaments existe… mais il concerne principalement les pillules vendues sur Internet (typiquement le Viagra bien sûr… mais aussi Alli) ou, d’un point de vue géographique, les Etats-Unis. Une semaine seulement après l’Appel de Cotonou, la FDA (autorité de santé américaine) attirait l’attention sur les faux antiviraux contre la grippe A qui circulent sur Internet (revoir par exemple Doctissimo). Il ne faut évidemment pas acheter de médicaments, compléments alimentaires, ou plus largement de produits à ingérer, sur des sites Internet.
D.B.
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A voir, en anglais, le site de l’OMS dédié aux faux médicaments “Impact“ et la brochure (en pdf) “counterfeit drugs kill“
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Et sur le Bloob: Alli, Internet et escroqueries






