Faut-il craindre les pesticides ?
Faut-il se méfier des résidus de produits chimiques présents dans les fruits et légumes ? L’Europe et la France légifèrent. Y a-t-il urgence ?
L’Europe est sur le point d’interdire les 22 pesticides les plus dangereux, ce dont se félicite le ministre française de l’agriculture et de la pêche, Michel Barnier pour qui « c’est une décision importante pour nos citoyens ». Une « négociation difficile » a permis de « trouver le bon équilibre entre une disponibilité suffisante en produits de traitement des plantes pour une agriculture compétitive, et la réduction de leur impact sur la santé publique et l’environnement » a-t-il déclaré. Le Ministre a présenté en septembre le plan « Ecophyto 2018 » issu du Grenelle de l’Environnement. Objectif, réduire de 50% le recours aux pesticides. Depuis fin 2008, les préparations contenant les 53 substances actives les plus « préoccupantes » ont ainsi été retirées du marché. Trente d’entre elles étaient présentes dans plus de 1500 préparations commerciales. L’action des pouvoirs publics français et européens interroge : faut-il se méfier des pesticides ?
Créés pour tuer les ravageurs
Le mot pesticide signifie tuer, « cide », des « pest », du mot anglais « ravageurs ». Ils sont composés de plusieurs principes actifs d’origine naturelle ou synthétique et permettent d’éliminer principalement des insectes ravageurs de plantes – on parle d’insecticides-, des champignons à l’origine de maladies des végétaux – il s’agit de fongicides- ou encore des herbes qui gênent la croissance des plantes cultivées – ce sont les herbicides. Sur les 76 000 tonnes de pesticides commercialisées en 2004, environ 90 à 94% sont destinés à l’agriculture, le reste ayant des usages non agricoles : dans les maisons, les espaces verts de nos villes, etc. L’Observatoire des Résidus de Pesticides (ORP) créé par l’Etat note que « si les pesticides ont constitué un énorme progrès dans la maîtrise des ressources alimentaires et l’amélioration de la santé publique (en particulier dans la lutte contre les insectes, vecteurs des maladies) le revers de la médaille est apparu rapidement » et cite par exemple des troubles de la reproduction chez les oiseaux . Il est ainsi « indispensable » de s’interroger sur leurs effets néfastes sur l’homme.







