Effets indésirables de compléments: se plaindre à l’Afssa!
C’est tout nouveau, et cela ne concerne pour le moment que les compléments alimentaires. Mais il est désormais possible de se plaindre d’effets indésirables auprès de l’Afssa, via son médecin ou son pharmacien. Demain, le dispositif devait être élargi aux alicaments et aux autres aliments arguant peu ou prou d’allégations de santé.
L’Afssa met en place un dispositif de vigilance sur les compléments alimentaires. Les professionnels de santé (médecins et pharmaciens) peuvent dès à présent déclarer les effets indésirables observés chez leurs patients, directement sur le site de l’Afssa (ici) ou par voie postale.
Les déclarations seront analysées par un comité technique, en relation avec les organisations et instances de surveillance en France et en Europe… Un tour de vis sur un marché qui suscite des inquiétudes, juste avant d’aborder certainement.. celui des alicaments.
Une montée en puissance devrait s’opérer effectivement durant le premier semestre 2010, avec de nouvelles actions de vigilance sur tous “les aliments visés par la loi“ (voir communiqué, en pdf). L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments semble n’attendre que le décret d’application de la mission confiée en juillet 2009, par la loi “Hôpital, Patients, Santé et Territoires“:
- « la mise en oeuvre du système de vigilance sur les nouveaux aliments, les compléments alimentaires, les aliments qui font l’objet d’adjonction de substances à but nutritionnel ou physiologique ainsi que sur les produits destinés à une alimentation particulière ».
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A noter, pour déclarer, le particulier doit passer par un pharmacien ou un médecin. Etant donné le peu de place pour écrire les effets indésirables dans le formulaire (voir pdf), c’est sans doute mieux! On notera que la rubrique “usage fonction” fait l’objet d’un exemple de proposition de texte: “pour mincir, pour rester en forme…“
Quelques repères
- En avril, une enquête de la Direction générale de la consommation, de la concurrence, de la répression des fraudes (DGCCRF) relevait sur ce marché une taux de 35% d’entreprises en infraction avec la réglementation en vigueur et de 12,5% de compléments présentant des anomalies. Au programme: défauts de traçabilité, allégations mensongères, compositions ne correspondant pas à l’étiquetage… (A revoir sur le Bloob)
- Début octobre, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) exprimait un avis sur 523 allégations de santé d’aliments diététiques, compléments alimentaires, et “alicaments“. Si vitamines et minéraux, notamment, passaient le test, un avis défavorable était exprimé sur la moitié des allégations examinées, en raison d’un manque d’information. Plus de 4.000 allégations restaient à vérifier. Les allégations santé autorisées devraient être précisées par l’Union européenne en 2010.
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En France, on considère qu’un adulte sur cinq et un enfant sur dix utilisent au moins une fois par an des compléments alimentaires (vitamines, minéraux, anti-oxydants…) Ces produits (gélule, comprimé, pilule, solution buvables…) relèvent du Code de la consommation, malgré des allégations de santé. N’étant pas des médicaments, ils jouissent d’une deuxième ambiguïté sur laquelle insistait en novembre 2008, Que Choisir: 60% de leurs ventes s’effectueraient en pharmacie “grâce au tiercé gagnant des produits pour la minceur, la ménopause et aux toniques“.
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Après des années de croissance à deux chiffres et une légère baisse en 2009, ce marché estimé à 1 milliard d’euros devrait repartir en 2010 en misant toujours sur la minceur, mais aussi sur de nouveaux crénéaux (ophtalmologie et audition) et “des tranches d’âge de plus en plus définies“, selon les prévisions d’un groupe spécialisé (Voir Comment ça marche Santé).
Bon sens d’abord!

Lors de la conférence de presse d’annonce de ce dispositif, qui est unique en Europe, le directeur général de l’Afssa, Marc Mortureux, a rappelé que:
“pour la très grande majorité de la population, une alimentation équilibrée suffit à apporter tous les nutriments nécessaires à la santé”
S’il a évoqué “des accidents aigus graves“, il n’est toutefois pas certain non plus “que les compléments soient les uniques responsables.“
D.B.
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Lien pour la déclaration en ligne sur le site de l’Afssa et adresse de déclaration postale : Afssa, Direction de l’évaluation des risques nutritionnels et sanitaires, Bureau Vigilance compléments alimentaires, 27-31, avenue du Général Leclerc, 94701 Maisons-Alfort.






