Peur du psy?
“L’adolescence n’est pas une maladie mentale!” Le psychiatre Robert Brès rappelle cette évidence et met des mots sur une crise difficile, mais commune… où souvent les parents sont le plus en souffrance!
“Les ados qui viennent me voir sont souvent inquiets, parce qu’il est écrit “psychiatrie” sur le fronton de l’unité, et ils me disent “je ne suis pas fou, hein?” Alors, je suis obligé de leur préciser que s’il est marqué “psychiatrie”, ce n’est pas pour les désigner eux, mais pour me désigner moi! Si j’avais été cordonnier, j’aurais marqué “cordonnier”. Et s’il y avait marqué “boulangerie”, cela signifierait que la dame derrière le comptoir est boulangère… et pas que celui qui vient est un pain!“
Le professeur Robert Brès dirige l‘unité spécialisée de soins pour grands adolescents, à l’hôpital La Colombière à Montpellier: “un espace ouvert aux ados pour se refaire” où ils sont accueillis sans condescendance, plus en tant que “jeunes adultes” que grands ados d’ailleurs.
Ce psychiatre est l’un des plus grands spécialistes du domaine en France. Il est resté volontairement près du terrain, des patients… plutôt que d’intégrer des comités, des conseils, des institutions.
Tout en désamorçant les inquiétudes, Robert Brès fait passer de l’autre côté du miroir… Au figuré, s’il s’agit de la vision d’un psychiatre sur l’évolution psychologique à l’adolescence… au propre, s’il s’agit de questions de rapport au corps (deuxième série de vidéo, - rapport au corps: “je ne m’aime pas”). Autant le laisser parler, et l’écouter en vidéo… sans “prise de tête” même si celle-ci est parfois nécessaire, vitale. (Le Bloob y reviendra peut-être! Mais tendez l’oreille à la dernière petite vidéo, tout en bas… cela vaut le coup!)
Conclusion? Tout d’abord, “si l’adolescence n’est pas, elle-même, une maladie mentale… les éclairages que la psychiatrie propose peuvent être utiles, productifs.” Ensuite, il ne faut pas hésiter à consulter un psychiatre si l’on en a besoin, envie… (plusieurs, si l’on n’est pas en confiance avec le premier). Ce n’est pas infamant.
Devant la peur de n’être plus rien, celle d’être “néantisé“… celle aussi d’être “sur-déterminé“, de devoir choisir ou se conformer sans le pouvoir vraiment, de devenir une création articifielle, un “personnage“… les altérations du rapport au corps ou l’alimentation (boulimie, anorexie…); devant le mal-être et la tentation du suicide; les conduites à risques… il faut savoir qu’il existe des portes ouvertes, accueillantes, où l’on n’est pas jugé, médiqué, interné dans l’instant, où l’on peut parler, être écouté, compris et aidé.
“Et dès qu’on dit à un adolescent qu’il faut qu’il pense… qu’est-ce qu’il vous répond? -… Prise de tête!” Une dernière petite vidéo à écouter attentivement… en tendant l’oreille (son de mauvaise qualité).
D.B.
En deuxième page:
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Rapport au corps: “je ne m’aime pas“
A lire sur Internet
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A découvrir, un très beau texte de Robert Brès “Les nouvelles aventures du Petit Nicolas”, rédigé en 2006, dans le cadre de la polémique la pré-détermination “déviante” des enfants et ados - en milieu de document ici , ou en page 6 de ce pdf.
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Un deuxième texte sur le suicide de l’adolescent (30.000 tentatives par an, 1.000 décès) : (…/…) “Le passage à l’acte suicidaire correspond souvent à une tentative magique de se débarrasser de la nécessité de faire des choix, d’accepter des limites et de s’inscrire dans sa propre temporalité. Mourir c’est se débarrasser de ce qui embarrasse, grandir c’est d’accepter de s’en embarrasser.” A méditer. Peut-être aussi, d’un certain point de vue, par les fans d’ “Into the wild“, le film ou le livre -excellent- de John Krakauer.
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Le texte de Robert Brès pour l’anniversaire des 10 ans de l’Unité de soins pour grands adolescents, en 2007







25 février, 2010 à 10 h 58 min
je voudrais simplement dire a robert MERCI d’avoir ecoute mes silences et d’avoir repondu par les bons et justes mots tu m’as sauve la vie