La jeunesse va mal

Le Conseil régional de Languedoc-Roussillon a mené une enquête sur les 15/25 ans. Le miroir des chiffres est alarmant : souffrance psychique, fragilité sociale, désarroi. Exemple cinglant : 13% des filles affirment avoir déjà tenté de se suicider.

Attention… c’est un peu long, et pas très gai… Mais un survol de ce texte peut faire saisir sans doute certaines inquiétudes diffuses sur l’air ambiant… souligner quelques aspects  fuyants… exprimer surtout qu’ici ou là, on n’est pas seul dans sa situation.  Et qu’il faut pousser les portes : aide, soutien, orientation, écoute…
Si le ciel est gris ; l’avenir noir ; si tout semble chaos sans perspective… vous n’êtes pas dans un cas isolé.

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Pensez au Languedoc-Roussillon, cette autre « Côte-d’Azur », plus abordable, magnifique (!), sans doute mieux préservée. Les plages de Méditerranée, l’arrière-pays de vigne et de garrigue, la météo toujours clémente (ou presque) de ce « Golfe du Lion »… Montpellier qui fait rêver avec sa dolce vita, sa vie nocturne, son hyper-activité culturelle… Et pourtant ! Derrière les premières places aux classements des « régions où il fait bon vivre »… il y a une jeunesse qui souffre véritablement. Constat brutal. Mais constat courageux avant tout.

La tentation du suicide

course-3En Languedoc-Roussillon, chez les 15/25 ans, 11,7% des filles ont « pensé au suicide » dans l’année et 8,1% des garçons. Et 13% des filles, surtout, ont déjà tenté de se suicider. Chez les jeunes sans qualification, ce chiffre d’une tentative de suicide déjà réalisée bondit à… 17,6% !!! Ceci les deux sexes compris ; mais, signe corrélé ou simplement illustratif, 22,7% des filles consomment des antidépresseurs (« souvent » ou « parfois »).

Du côté des addictions : 51% des garçons sont ivres au moins une fois dans le mois et 28,5% des filles. 43,9% des garçons ont également fumé au moins une fois du cannabis dans le mois. Le tabac (plus de cinq cigarettes par jour) touche 37% garçons et 27% filles. S’il ne concerne que 13% des étudiants, c’est sans doute à mettre en rapport avec un contraste de comportements et de situations dans la jeunesse… car 43% des apprentis fument.

Désemparés, désorientés

castorDe tels contrastes et divergences dans la jeunesse se répètent devant divers critères. Et un deuxième thème, très lourd, apparaît : la très inquiétante proportion de jeunes en situation de fragilité sociale… jusqu’à en renoncer aux soins médicaux (voir encadré page suivante). Dans l’ensemble, la « mauvaise capacité à faire face aux difficultés » concerne une fille sur trois (36%) et plus d’un garçon sur quatre (28%). Deux chiffres qui semblent traduire le désarroi global.

Que dire encore de ce constat alarmant, entre autres chiffres ? Cet éclairage sur la sexualité : 19% des garçons n’ont pas utilisé de préservatif lors du premier rapport sexuel ; 10,5% des filles ont déjà eu recours à une IVG.

Pas d’indifférence

fourmi« Ce que nous pressentions est une réalité. Ce diagnostic interpelle. On ne peut pas rester indifférent. » Robert Crauste, est le délégué à la Santé du Conseil régional du Languedoc-Roussillon. A juste titre, il refuse autant que le « catastrophisme » que la « dramatisation », mais appelle à la lucidité sur le sens de ces chiffres et les situations en rapport.

Rappellant que la santé n’est pas une compétence obligatoire pour les Conseils régionaux, le conseiller régional justifie d’autant l’implication originale de son institution, sa volonté politique affirmée, sur cette cible particulière des 15/25 ans (ados et jeunes adultes), par le moyen de la prévention, de l’information, de l’accompagnement et du suivi. On ne peut qu’y souscrire.

A commencer par cette « réassurance des jeunes », selon le jargon officiel, c’est-à-dire leur estime d’eux-mêmes ; ou le développement de leurs « compétences psychosociales » (relations avec les adultes et les autres jeunes) ; la facilitation de leur accès aux lieux d’accueil et de soins…  Et c’est en cours.

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Le sous-poids très fréquent chez les filles

triangleEn matière de surpoids, l’étude montre 75% des garçons et 70% des filles dans les corpulences normales, puis 13, 3% des garçons et 10,4% des filles en surpoids, enfin 3,3% des garçons et 4,5% des filles victimes d’obésité. A noter également néanmoins : cette forte proportion de maigreur (15,1% ) chez les filles. A mettre en rapport sans doute avec une tendance préoccupante au sous-poids parfois évoquée au niveau national (nous devrions avoir l’occasion d’en reparler sur le Bloob).

Première publication le 02/02/09


 

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